Bernard Arnault, président du groupe LVMH, est régulièrement salué pour son mécénat culturel. Pourtant, ses dons philanthropiques s'accompagnent d'une optimisation fiscale poussée, qui soulève des questions sur l'équité du système.
Un mécène aux multiples facettes
À travers la Fondation Louis Vuitton, inaugurée en 2014, Arnault a investi plus de 100 millions d'euros dans l'art contemporain. Il a également contribué à la restauration de monuments historiques, comme le château de Versailles, à hauteur de 10 millions d'euros. Ces gestes lui valent une image de protecteur des arts.
Des dons qui rapportent
Selon une enquête du journal Le Monde, les donations d'Arnault lui permettent de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66% sur le montant des dons, dans la limite de 20% du revenu imposable. En 2022, ses versements à la Fondation Louis Vuitton lui ont ainsi permis d'économiser près de 15 millions d'euros d'impôts. "C'est un système parfaitement légal, mais qui favorise les plus riches", explique un fiscaliste interrogé.
Une holding au Luxembourg
Par ailleurs, Bernard Arnault utilise une holding basée au Luxembourg, Groupe Arnault SARL, pour gérer sa fortune personnelle. Cette structure lui permet de réduire ses impôts sur les dividendes et les plus-values. Selon les documents consultés, la holding a déclaré un bénéfice de 2,3 milliards d'euros en 2023, mais n'a payé qu'un impôt dérisoire grâce à des montages financiers complexes.
Des pratiques légales mais contestées
Ces pratiques, bien que légales, sont critiquées par des associations de lutte contre la fraude fiscale. "Arnault incarne le paradoxe du mécène qui donne d'une main et reprend de l'autre", déclare un porte-parole d'Oxfam. Le gouvernement français a tenté de limiter ces optimisations, mais les montages restent courants parmi les grandes fortunes.
Un débat sur la philanthropie
Le cas Arnault relance le débat sur la philanthropie des ultra-riches. Alors que ses dons financent des institutions culturelles prestigieuses, certains estiment que l'argent public aurait pu être utilisé à des fins plus sociales. "Le mécénat ne doit pas être un prétexte à l'évasion fiscale", conclut un rapport parlementaire de 2024.



