TP en Occitanie : cri d'alarme face à la chute des commandes publiques
TP en Occitanie : cri d'alarme face à la chute des commandes

Une baisse historique des commandes publiques

Olivier Giorgiucci, président délégué de la Fédération régionale des travaux publics d'Occitanie pour l'ex-Languedoc-Roussillon, a lancé un cri d'alarme ce mercredi 8 juillet 2026. Le secteur, qui compte 2 000 entreprises et 30 000 salariés en Occitanie, est confronté à une chute brutale des commandes des collectivités locales, dont dépend 70% de son activité.

« Depuis le début de l'année, la commande publique est à l'arrêt, d'où une baisse brutale de notre activité », déclare Olivier Giorgiucci. Il précise que cette baisse dépasse le recul cyclique attendu après les élections municipales : « Tout est à l'arrêt, rien n'est lancé, même des opérations déjà budgétées, ce qui est inconcevable. »

Des chiffres alarmants

Le nombre d'appels d'offres de travaux publics émis par les collectivités en Occitanie a chuté de 28% à fin juin 2026 par rapport à 2025. Pour les seules communes, la baisse atteint 35%. « Les budgets globaux des communes n'ont pas bougé, ce qui montre que l'investissement a servi de variable d'ajustement », analyse Giorgiucci. Parallèlement, les permis de construire pour les projets industriels ont reculé de 16%, ne permettant aucun report d'activité.

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Cette situation s'explique par la crise budgétaire de plusieurs départements (Aude, Hérault) et les incertitudes politiques nationales. « On ne voit rien pour 2026, mais rien pour 2027 non plus », déplore-t-il.

Des conséquences directes sur l'emploi

L'emploi ouvrier a baissé de près de 5% sur les six premiers mois de 2026. Le nombre d'intérimaires, déjà très bas, a chuté de 18% depuis le début de l'année. Plusieurs entreprises ont mis en place du chômage partiel, et d'autres s'apprêtent à le reconduire.

« J'en ai ras le bol de l'immobilisme », s'exclame Olivier Giorgiucci. Il rend hommage aux élus qui veulent avancer, mais dénonce les freins : « Trop souvent, on nous fait la liste des raisons qui empêchent de lancer les opérations, alors que les finances des communes sont globalement saines. »

Un appel aux collectivités et aux préfets

Le président de la fédération met en garde contre les risques de l'inaction : l'entretien des infrastructures et réseaux ne peut être interrompu sans danger. « Les ouvrages non entretenus se dégradent, et la remise en état sera beaucoup plus lourde que le budget d'entretien. Sans oublier les besoins d'adaptation face au changement climatique. »

Olivier Giorgiucci annonce qu'il rencontrera les préfets des départements, à commencer par la préfète de l'Hérault la semaine prochaine, pour alerter sur « le risque de défaillance des PME de travaux publics ».

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