Le site de Tarascon de Fibre Excellence est à l'arrêt depuis début mars. Selon l'intersyndicale, une injection urgente de 20 millions d'euros serait nécessaire pour permettre le redémarrage des installations et éviter un arrêt industriel définitif. Réunis à Bercy lors d'une table ronde consacrée à l'avenir des usines Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), les représentants syndicaux CGT, FO et CFDT ont lancé un nouvel appel à une intervention rapide des pouvoirs publics.
Une situation critique
À quelques semaines de l'échéance fixée au 17 juin par le tribunal de commerce, les syndicats estiment que le risque de liquidation judiciaire est désormais réel. À Tarascon, l'usine est quasiment à l'arrêt depuis un mois, tandis que le site de Saint-Gaudens a connu plusieurs interruptions de production depuis l'automne 2025 avant un nouvel arrêt complet au printemps. Selon l'intersyndicale, une injection urgente de 20 millions d'euros par site serait nécessaire pour permettre le redémarrage des installations et éviter un arrêt industriel définitif.
Discussions sur la diversification
Les discussions ont notamment porté sur la diversification de la production vers des pâtes à papier à plus forte valeur ajoutée, comme la pâte "Fluff", ainsi que sur les enjeux de souveraineté industrielle et de sécurisation des approvisionnements. Le ministre de l'Industrie a annoncé qu'une expertise technique et industrielle, demandée par l'État, devait être remise sous 48 à 72 heures. Une visioconférence réunissant le ministère, les Régions concernées, la SAS et l'intersyndicale est également prévue ce week-end.
L'État à la recherche de repreneurs
Par ailleurs, le gouvernement affirme avoir pris contact avec une dizaine d'industriels potentiellement intéressés par une reprise. Parmi eux, un groupe suédois aurait manifesté un intérêt jugé sérieux. L'État a également confirmé le maintien d'un dispositif d'aide de 150 millions d'euros destiné à soutenir un projet industriel de reprise, ainsi qu'une revalorisation de 20 % du prix du mégawattheure inscrite au projet de loi de finances 2027.
Les revendications syndicales
Les syndicats réclament désormais des engagements écrits sur l'énergie et les investissements, une sécurisation durable de l'approvisionnement en bois avec l'Office national des forêts (ONF), ainsi qu'une comparaison rapide des différents projets industriels à l'étude. Ils alertent également sur les conséquences environnementales d'une éventuelle fermeture, estimant que la dépollution des sites pourrait coûter près de 500 millions d'euros à la collectivité.
Engagement des Régions
Les Régions Sud et Occitanie ont confirmé leur volonté d'accompagner une solution de reprise, y compris par une participation minoritaire au capital. Face à l'urgence, l'intersyndicale estime que toutes les options doivent rester ouvertes, y compris celle d'une nationalisation temporaire, afin d'éviter la disparition d'un outil industriel considéré comme stratégique.



