Caremag : l'usine de terres rares qui veut réduire la dépendance à la Chine
Caremag : l'usine de terres rares qui réduit la dépendance à la Chine

En cours de construction à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, l'usine Caremag ambitionne de produire 600 tonnes de terres rares lourdes, soit 15 % des besoins mondiaux. Nul doute qu'il y aura foule, dans quelques mois, lorsque viendra l'heure de l'inauguration. La visite, ce mardi 5 mai, de Roland Lescure, le ministre de l'Économie, et de Sébastien Martin, le ministre délégué en charge de l'Industrie, a confirmé toute l'importance qu'est en train de prendre ce projet à plus de 200 millions d'euros porté par Frédéric Carencotte, le patron de Carester.

Un projet stratégique pour l'électrification

Caremag est pleinement en phase avec l'une des priorités fixées par Emmanuel Macron : accélérer l'électrification de la France et par là même sa décarbonation et sa dépendance aux énergies fossiles. Dans cette plaine industrielle de Lacq, longtemps berceau du gaz français, cette usine s'annonce comme un nouveau pilier stratégique sur les terres rares, ces composants essentiels aux voitures électriques. Et ce, à travers deux activités particulières : le raffinage et le recyclage de terres rares. Avec comme matière première : les aimants.

Le recyclage des aimants au cœur du processus

« On extrait les terres rares des aimants, souligne Frédéric Carencotte. Dans un aimant, il y a entre deux et quatre terres rares. Il y a du fer, du bore et d'autres éléments métalliques. Dans cette usine, nous allons produire de la terre rare pure à partir de ces aimants. Et cette terre rare pure pourra être réutilisée, dans une seconde vie, pour refaire des aimants. » Et ainsi boucler la boucle, comme l'a rappelé Roland Lescure. En clair, réduire notre dépendance à la Chine.

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Cœur de ce réacteur industriel, les aimants viennent de plusieurs horizons. « Nous avons trois sources d'approvisionnement, détaille-t-il. La première, ce sont les chutes de production des fabricants d'aimants en Europe, aux États-Unis et au Japon. La deuxième, ce sont les chutes de production des assembleurs de moteurs de voitures électriques et d'éoliennes, lesquelles viennent essentiellement d'Europe. Et la troisième source vient des équipements en fin de vie : moteur de voitures électriques et hybrides, moteurs d'applications industrielles, turbines d'éoliennes… »

Un procédé de raffinage unique

Une fois la matière première récupérée, le procédé sera le suivant, explique le chef d'entreprise : « On transforme l'aimant en concentré de terres rares et on le raffine pour en faire de la terre rare pure. » « Les terres rares se composent de 15 éléments chimiques, rappelle-t-il. Ils sont répartis en deux familles. La première représente les terres rares légères, qui regroupent quatre terres rares et 75 % des volumes. La seconde regroupe les terres rares lourdes, qui représentent onze terres rares et 25 % des volumes. Et on s'est spécialisé sur les terres rares lourdes, les plus rares. »

« Globalement, poursuit-il, on va faire 800 tonnes de terres rares légères, qui viennent du recyclage et 600 tonnes de terres rares lourdes, et celles-ci pèsent 15 % des besoins mondiaux. » La production commencera en janvier 2027. Une partie ira au Japon, qui finance 50 % de ce projet. « Nous avons aussi un contrat à long terme avec le groupe Stellantis pour des terres rares légères et lourdes », précise Frédéric Carencotte. Avec cette usine, plus de 90 emplois seront créés.

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