Le marché immobilier français connaît un ralentissement notable depuis le début de l'année 2026, selon une étude de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) publiée le 29 juin. Les transactions ont chuté de 12 % au premier semestre par rapport à la même période en 2025, avec environ 850 000 ventes réalisées contre 970 000 l'année précédente. Cette baisse est principalement attribuée à la hausse des taux d'intérêt, qui ont atteint en moyenne 3,8 % en juin, contre 3,2 % un an plus tôt.
Les primo-accédants tirent leur épingle du jeu
Malgré ce contexte morose, les primo-accédants restent un moteur du marché. Ils représentent désormais 47 % des acheteurs, contre 42 % en 2025, selon la Fnaim. « Les jeunes ménages profitent de la baisse des prix pour entrer sur le marché, surtout dans les zones périurbaines où l'immobilier est plus abordable », explique Loïc Cantin, président de la Fnaim. Les prix ont en effet reculé de 2,5 % en moyenne nationale, avec des baisses plus marquées en Île-de-France (-4 %) et dans les grandes métropoles comme Lyon (-3 %) ou Bordeaux (-5 %).
Un marché à deux vitesses
Le ralentissement touche surtout les biens de standing et les investissements locatifs. Les ventes de maisons individuelles ont chuté de 15 %, tandis que les appartements anciens résistent mieux avec une baisse de 8 %. « Les investisseurs sont plus prudents en raison de l'incertitude sur les loyers et de la hausse des charges », note Cantin. À l'inverse, les petites surfaces (studios et deux-pièces) restent recherchées par les primo-accédants et les étudiants, avec une demande soutenue dans les villes universitaires.
Stabilisation des taux de crédit
Les taux de crédit immobilier, qui avaient fortement augmenté depuis 2024, semblent se stabiliser. En juin 2026, le taux moyen sur 20 ans est de 3,8 %, contre 4 % en janvier. « Les banques commencent à assouplir leurs conditions, mais l'accès au crédit reste difficile pour les ménages les plus modestes », souligne Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer. Le montant moyen emprunté a baissé de 8 % sur un an, à 210 000 euros, reflétant la prudence des banques.
Perspectives pour le second semestre
Les professionnels anticipent une poursuite de la baisse des transactions, avec un volume annuel attendu entre 1,6 et 1,7 million de ventes, contre 1,9 million en 2025. « Le marché devrait rester atone jusqu'à une éventuelle baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne en fin d'année », estime Cantin. Pour les primo-accédants, la baisse des prix offre une fenêtre d'opportunité, mais la hausse des taux limite leur capacité d'emprunt. « Il faut que les pouvoirs publics soutiennent l'accession à la propriété, notamment via le prêt à taux zéro (PTZ) élargi », conclut-il.



