Immobilier en Aveyron : une reprise solide mais freinée par les passoires thermiques
Le marché immobilier aveyronnais confirme son redressement avec une progression annuelle de 9,8 % des ventes de logements. Cette tendance positive, observée lors de l'assemblée générale de la Chambre Fnaim de l'Aveyron à Onet-le-Château le 21 avril, s'inscrit dans un contexte régional favorable en Occitanie.
Une dynamique régionale et départementale encourageante
Sur les douze mois glissants jusqu'en janvier 2026, l'Aveyron a enregistré 4 213 transactions immobilières, contre 3 858 un an plus tôt. Cette hausse de 9,8 % reflète un rebond après la période difficile de 2022-2023. Cindy Mazenc, secrétaire Fnaim de l'Aveyron, souligne que cette progression s'aligne sur une dynamique régionale, avec 96 548 transactions en Occitanie, soit une augmentation de 11,9 %.
Le département se distingue par l'accessibilité de son marché, avec un prix moyen de 1 527 euros par mètre carré au 1er mars 2026. Ce chiffre est bien inférieur à ceux de Toulouse (3 408 €/m²) ou Montpellier (3 324 €/m²), et reste dans la moyenne des zones rurales d'Occitanie. Sur un an, les prix aveyronnais ont même légèrement reculé de 0,6 %, confirmant la stabilité du marché local.
Le marché locatif : accessible mais sous tension
Au troisième trimestre 2025, le loyer moyen en Aveyron s'établit à 9,40 €/m², en faisant l'un des marchés locatifs les plus accessibles de la région. Seuls l'Ariège (10,70 €/m²) et les Hautes-Pyrénées (9,10 €/m²) présentent des niveaux comparables. Cependant, la Fnaim 12 note une dynamique soutenue, avec une hausse de 2,2 % sur un an et 16,2 % sur cinq ans, indiquant une tension locative croissante due à une offre limitée.
Rodez, Millau et Villefranche-de-Rouergue en tête des ventes
À l'échelle départementale, Rodez domine le marché avec 544 ventes en douze mois et un prix moyen de 2 101 €/m², dont 475 concernent des appartements. Millau se positionne en deuxième place avec 354 ventes et un prix moyen de 2 025 €/m². Villefranche-de-Rouergue complète le podium avec 190 ventes à 1 377 €/m². Onet-le-Château, quatrième en nombre de ventes (190), affiche un prix moyen plus élevé à 2 208 €/m².
Un défi majeur : les passoires thermiques
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) révèle un enjeu critique pour le parc immobilier aveyronnais. Sur 7 607 DPE réalisées en 2025, 38,9 % des logements sont classés E, F ou G, soit des passoires thermiques. Ce taux dépasse largement la moyenne régionale (20,7 %) et nationale (32,7 %). La Chambre Fnaim de l'Aveyron conclut que le département est confronté à un important chantier de rénovation, particulièrement pour les maisons individuelles, ce qui pourrait freiner la reprise du marché.



