Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé ce mercredi 30 juin 2026 l’instauration d’une taxe sur les vols en montgolfière, une mesure destinée à financer la transition écologique. Cette décision, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027, prévoit un prélèvement de 50 euros par passager et par vol, une somme qui sera directement reversée au budget de l’Agence de la transition écologique (ADEME).
Une mesure justifiée par l'impact environnemental
Selon le ministère, les montgolfières, bien que souvent perçues comme des activités de loisir respectueuses de l’environnement, émettent en réalité des gaz à effet de serre. « Chaque vol en montgolfière consomme en moyenne 30 litres de propane par heure, ce qui génère environ 75 kg de CO2 », a précisé le ministère dans un communiqué. L’objectif de cette taxe est de réduire ces émissions de 20 % d’ici 2030, en incitant les professionnels à adopter des alternatives plus vertes, comme l’utilisation de ballons à air chaud électriques.
La colère des professionnels du secteur
Les fédérations de montgolfière ont vivement réagi. « Cette taxe est injuste et va tuer notre secteur », a déclaré Jean-Pierre Dupont, président de la Fédération française de montgolfière. « Nous employons 3 000 personnes en France et accueillons 500 000 passagers par an. Avec cette mesure, nous risquons de perdre 30 % de notre clientèle. » Les professionnels dénoncent un manque de concertation et estiment que la montgolfière représente une infime part des émissions de CO2, comparée à d’autres secteurs comme l’aviation.
Un dispositif critiqué par l'opposition
Les députés de l’opposition, notamment ceux du Rassemblement National et de La France Insoumise, ont également critiqué la mesure. « Encore une taxe qui frappe les classes moyennes et les petites entreprises », a tweeté Marine Le Pen. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a estimé que « le gouvernement aurait dû plutôt taxer les jets privés et les yachts ». Le ministre de l’Économie a répondu que cette taxe s’inscrit dans une série de mesures visant à « verdir » la fiscalité française, et qu’elle ne représente qu’un effort modeste pour les professionnels.
Des alternatives envisagées
Face à la polémique, le gouvernement a ouvert la porte à des discussions. « Nous sommes prêts à étudier des propositions alternatives, comme un abattement pour les vols à but pédagogique ou les compétitions sportives », a indiqué le cabinet de Bruno Le Maire. Les professionnels espèrent obtenir un report de l’application de la taxe, voire son abandon pur et simple. Une réunion est prévue le 15 juillet prochain entre les représentants de la filière et le ministère de la Transition écologique.
Un précédent dans l'histoire fiscale
Cette taxe rappelle celle instaurée en 2020 sur les billets d’avion, qui avait également suscité une vive opposition. Selon une étude de l’INSEE, les taxes environnementales en France ont augmenté de 15 % entre 2019 et 2025, passant de 45 à 52 milliards d’euros. La taxe sur les montgolfières devrait rapporter environ 25 millions d’euros par an, une somme modeste mais symbolique dans la lutte contre le changement climatique.



