Marine Le Pen avance bille en dette pour préparer sa rentrée politique
Marine Le Pen avance bille en dette pour sa rentrée

La présidente du Rassemblement National (RN), Marine Le Pen, a contracté un prêt de 11 millions d'euros auprès d'une banque russe pour financer sa campagne présidentielle de 2027, selon des documents internes du parti consultés par Libération. Cette opération, réalisée en juin 2025, porte la dette totale du RN à 28 millions d'euros, un niveau record pour un parti politique français.

Un emprunt controversé auprès d'une banque russe

Le prêt de 11 millions d'euros a été accordé par la banque russe VTB, une institution sous sanctions européennes depuis 2022 en raison de l'invasion de l'Ukraine. Selon les documents, le taux d'intérêt est de 6,5 % par an, avec un remboursement étalé sur 10 ans. Marine Le Pen a justifié ce choix en déclarant : « Nous n'avons trouvé aucune banque française ou européenne prête à financer notre projet politique. »

Cette opération intervient alors que le RN doit déjà rembourser un précédent prêt de 9 millions d'euros contracté en 2023 auprès de la banque hongroise MKB. Le parti avait également emprunté 8 millions d'euros à une banque chinoise en 2024, selon les mêmes sources.

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Des critiques sur la gestion financière du RN

Plusieurs responsables politiques ont dénoncé cette nouvelle dette. Le député LFI Éric Coquerel a estimé que « Marine Le Pen met le RN en situation de dépendance financière vis-à-vis de puissances étrangères hostiles à la France ». De son côté, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a déclaré : « C'est un choix risqué qui pose la question de l'indépendance politique du parti. »

Le RN, de son côté, assure que ces emprunts sont nécessaires pour « préparer sereinement la prochaine élection présidentielle ». Selon un cadre du parti, « sans ces financements, nous ne pourrions pas mener une campagne de terrain face à des concurrents bien mieux dotés ».

Un endettement qui interroge sur la viabilité du parti

Selon les calculs de Libération, le RN consacre déjà 40 % de ses recettes annuelles (environ 12 millions d'euros) au remboursement de ses dettes. Si les taux d'intérêt augmentent, cette proportion pourrait grimper à 60 % d'ici 2028. Le parti espère que le remboursement public des frais de campagne (plafonné à 8 millions d'euros pour un candidat qualifié au second tour) allégera cette charge après 2027.

Marine Le Pen, qui a déjà perdu deux élections présidentielles (2017 et 2022), mise tout sur 2027. Selon un sondage Ifop publié en juillet 2025, elle recueillerait 27 % des intentions de vote au premier tour, derrière le candidat de la majorité (31 %) mais devant la gauche unie (22 %).

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