Une étude récente révèle que les classes moyennes françaises sont entravées dans leur capacité à accumuler du patrimoine, principalement à cause de la fiscalité et des politiques publiques. Selon l'Institut des Politiques Publiques (IPP), le taux d'effort fiscal pour les ménages des classes moyennes atteint 45 % de leurs revenus, contre 35 % pour les plus aisés. Cette différence s'explique par une imposition plus lourde sur le travail et l'épargne, tandis que les revenus du capital bénéficient d'avantages fiscaux.
Un système fiscal qui pénalise l'épargne
L'étude souligne que les classes moyennes sont particulièrement touchées par la fiscalité sur les revenus du travail, qui représente la majeure partie de leurs ressources. En revanche, les ménages les plus riches tirent une part importante de leurs revenus du capital, soumis à des taux d'imposition plus faibles. Ainsi, le taux d'imposition effectif des 10 % les plus riches est de 35 %, contre 45 % pour les 40 % suivants.
L'impact des politiques publiques
Les politiques publiques, notamment en matière de logement et d'éducation, jouent également un rôle. Les classes moyennes consacrent une part croissante de leur budget au logement, ce qui réduit leur capacité d'épargne. De plus, les aides sociales sont souvent ciblées vers les plus modestes, laissant les classes moyennes sans filet de sécurité. Selon un rapport du Conseil d'Analyse Économique, le taux d'épargne des classes moyennes est passé de 15 % en 2000 à 10 % en 2020.
Des conséquences sur les inégalités
Cette situation contribue à creuser les inégalités patrimoniales. Les 10 % les plus riches détiennent 50 % du patrimoine total, tandis que les 50 % les moins riches n'en possèdent que 5 %. Pour les classes moyennes, l'accumulation se limite souvent à la résidence principale, dont la valeur a augmenté, mais qui ne génère pas de revenus supplémentaires.
« Les classes moyennes sont prises en étau entre une fiscalité lourde et des politiques qui favorisent les plus aisés », déclare un économiste de l'IPP. Il appelle à une réforme fiscale pour alléger les charges sur le travail et encourager l'épargne.
Vers une réforme nécessaire
Des propositions émergent pour corriger ce déséquilibre, comme la création d'un livret d'épargne spécifique aux classes moyennes ou la réduction des cotisations sociales. Cependant, le gouvernement reste prudent face au coût de ces mesures. Le débat est relancé sur la justice fiscale et la nécessité de permettre à tous les ménages de constituer un patrimoine.



