Le 29 mars dernier, vers midi, sur une route près de Saint-Martin-de-Londres, au nord de Montpellier, Raphaël, 25 ans, a tenté d'étrangler sa compagne alors qu'elle conduisait, avec leurs deux enfants à bord. Poursuivi pour tentative de meurtre, il présente un profil marqué par des troubles psychiatriques évidents. La scène a été racontée par la victime et un gendarme hors-service qui est intervenu.
Un passage à l'acte violent et incohérent
Alors qu'il roulait avec sa compagne et leurs deux enfants, Raphaël a calmement interrogé sa fillette de 9 ans : "Est-ce que tu penses que ta maman veut me tuer ?" Avant de basculer dans l'ultraviolence. Il a saisi à deux mains la gorge de la jeune femme au volant. "J'ai eu la sensation qu'il voulait me briser les cervicales", a-t-elle déclaré, terrorisée. Par miracle, elle a réussi à s'arrêter. Un automobiliste, gendarme mais hors-service, a réagi rapidement et maîtrisé le jeune homme avec difficulté. Il a décrit aux gendarmes de Saint-Mathieu-de-Tréviers son attitude incohérente : "Il dit qu'il entend des voix, apparaît être dans un état second, s'adresse à Dieu et à Satan et parle dans un dialecte inconnu". Puis, très calme, Raphaël a demandé aux gendarmes de lui tirer dessus, avant de s'énerver, se débattre, donner des coups de pied et hurler "Je veux la tuer, je veux la tuer !"
Interné et suivi psychiatrique
En garde à vue, un psychiatre a décidé de l'interner, constatant "un trouble mental et un épisode psychotique aigus". Raphaël est resté plus d'un mois à l'hôpital La Colombière. L'enquête auprès de ses proches a révélé qu'il souffrait depuis longtemps de troubles de l'attention, mais que ces derniers temps, il devenait paranoïaque et refusait toute consultation médicale. "Il pense qu'on va le tuer, un seul regard dans la rue peut suffire à le faire vriller. Il a déjà été violent avec elle et ses filles, il a des tendances violentes aussi envers les animaux et en a tué plusieurs. D'habitude, elle arrive à le ramener à la raison, mais ces derniers jours, il lui a fait des confidences sur des envies de meurtre", a rapporté la magistrate de la cour d'appel de Montpellier, où le jeune homme a comparu le mardi 30 juin.
Des antécédents inquiétants
Selon la magistrate, Raphaël aurait déclaré : "J'aimerais tuer quelqu'un pour me défouler", pensant que sa compagne voulait le tuer et qu'il devait lui faire subir une humiliation, comme un viol. Il a également évoqué un attrait pour la sorcellerie et une addiction lourde au cannabis, avec entre 15 et 20 joints par jour. Placé en garde à vue pour tentative de meurtre le 7 mai, à sa sortie de l'hôpital, Raphaël affirme n'avoir aucun souvenir des faits, décrivant un trou noir après avoir entendu des voix. Il nie avoir évolué dans un univers sataniste et avoir giflé un détenu depuis son incarcération. "Je l'avais juste bousculé, il en a rajouté", a-t-il ajouté d'une voix pâteuse, sous médicaments, sans connaître le nom de ses traitements.
Débat sur la responsabilité pénale
L'avocat général a refusé une remise en liberté, arguant de l'absence d'expertise psychiatrique sur sa responsabilité. Me David Mendel, avocat de Raphaël, a souligné que son père, qui demande son placement sous curatelle, est prêt à l'héberger. "Il est dans un état de médicamentation tel qu'il n'y a aucun risque de fuite", a plaidé l'avocat, insistant sur l'aspect pathologique de ce passage à l'acte. "Même le gendarme qui l'a interpellé dit qu'il a le regard noir d'un schizophrène, et qu'il s'exprime dans une langue inconnue. Au XIXe siècle, on aurait appelé un exorciste, et là, on appelle le psychiatre." Ces arguments ont été rejetés : le jeudi 2 juillet, la cour d'appel a ordonné le maintien en détention du jeune homme.



