Les taxes sur l'héritage jugées excessives par la majorité des seniors européens
Selon une étude publiée mardi 10 février par l'observatoire Cetelem de BNP Paribas, près de sept seniors européens sur dix (69%) considèrent que les impôts et taxes de transmission, incluant l'héritage et les donations, sont trop élevés dans leur pays. Cette enquête, menée dans dix États européens, met en lumière une sensibilité particulière sur cette question « éminemment politique » qui traverse tout le continent.
Les Belges et Français en tête des mécontents
Les résultats montrent des disparités significatives entre les nations. Les Belges apparaissent comme les plus amers, avec 90% des personnes de 60 ans et plus jugeant les prélèvements fiscaux sur les transmissions excessifs. Ils sont suivis de près par les Français, où 82% des seniors partagent cet avis. Cette perception persiste malgré le fait qu'en France, les héritages entre parents et enfants sont exonérés de droits de succession dans 85% des cas.
Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem, commente : « La question de l'héritage se révèle sensible partout en Europe. On n'est qu'au tout début de cette problématique, avec un transfert massif de patrimoine attendu des baby-boomers vers les générations suivantes. »
Un paysage fiscal européen contrasté
L'étude révèle un classement des pays où les seniors expriment le plus d'insatisfaction :
- Italiens : 79%
- Roumains et Portugais : 78%
- Espagnols : 75%
À l'opposé, les Suédois se distinguent avec seulement 31% de mécontents, bien qu'ils puissent être confrontés à un impôt sur les plus-values malgré l'exemption d'impôt sur les successions et donations.
Le soutien financier aux descendants : une priorité pour les seniors
Parallèlement à cette critique fiscale, l'étude met en évidence une forte volonté des seniors européens de soutenir financièrement leur descendance. Huit seniors sur dix jugent important d'aider leurs enfants ou petits-enfants, et 68% de ceux ayant une descendance participent au moins occasionnellement à au moins un de leurs postes de dépense.
Flavien Neuvy souligne un paradoxe contemporain : « Comme la population vieillit, les enfants n'héritent pas avant 50 ou 60 ans, à un âge où ils ont déjà leur maison. Alors, que font-ils de cet argent ? C'est un vrai sujet passionnant. »
Méthodologie de l'étude
Cette enquête a été réalisée du 19 novembre au 1er décembre auprès de 10.930 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population de leur pays selon la méthode des quotas. Les sondages en ligne ont été conduits par Toluna Harris Interactive dans dix pays : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni et Suède.
L'observatoire Cetelem, structure de veille et d'études économiques créée en 1985, publie chaque année un baromètre de la consommation en Europe. L'édition 2026 s'est particulièrement intéressée aux répondants âgés de 60 ans et plus, reflétant l'accélération du vieillissement démographique sur le continent.



