En France, quand un impôt est voté, il est payé ! Le taux de recouvrement de l'impôt sur le revenu dépasse 99,5 % — le prélèvement à la source facilite, désormais, le maintien de cet indicateur à des niveaux records. Mais l'administration fiscale (DGFiP) ne se repose pas sur ses lauriers. Le recours à l'IA lors des contrôles augmente le montant des fraudes mises à jour ; le total des amendes encaissées a progressé de 40 % entre 2022 et 2025 ; l'obligation pour les entreprises de recourir à la facturation électronique compliquera bientôt les « oublis » de TVA.
Au moment de remplir sa déclaration de revenus, il faudrait se féliciter de ces performances. D'abord parce que le fait que chacun paye bel et bien son dû est un élément de justice fiscale et de consentement à l'impôt. Ensuite parce que les services publics ont grand besoin de percevoir l'intégralité des sommes qui leur sont dues, vu le délabrement de leurs comptes. Plus largement, le fisc est un modèle de modernisation. La numérisation, notamment, lui a permis de réduire de 30 % ses effectifs en moins de vingt ans, pour le plus grand bénéfice… des contribuables.
Pourtant, cette efficacité soulève des interrogations. La réduction des effectifs, couplée à l'automatisation croissante, pourrait nuire à la qualité du service rendu aux usagers. Les contribuables se retrouvent parfois face à des systèmes déshumanisés, où l'erreur est difficile à corriger. De plus, la course à la performance fiscale ne doit pas occulter les enjeux de justice sociale : une administration trop zélée peut pénaliser les plus vulnérables, tandis que les fraudeurs les plus sophistiqués trouvent toujours des parades.
En définitive, si la DGFiP mérite des éloges pour son efficacité, il convient de rester vigilant. La modernisation ne doit pas se faire au détriment de l'équité et de la proximité. Le défi pour les années à venir sera de concilier performance et humanité, pour que le fisc reste un service public exemplaire.



