Robert De Niro, 83 ans, sort de sa retraite pour The Whisper Man, un polar diffusé sur Netflix. Il y incarne Pete Willis, un ancien inspecteur de police à la retraite, forcé de reprendre une enquête qu'il pensait close depuis 30 ans. Le film, réalisé par James Ashcroft, adapte le roman d'Alex North publié en 2019 (L'Homme aux murmures, Points éditeur).
Un enlèvement qui ravive une vieille affaire
Tom Kennedy (Adam Scott, héros de la série Severance sur AppleTV) vit seul avec son fils Jake (Acston Luca Porto), âgé de 8 ans, depuis le décès de son épouse. Ils viennent d'emménager dans une nouvelle maison à Featherbank, la ville où la défunte a passé son enfance. Jake disparaît. Le corps d'un autre enfant récemment enlevé vient d'y être retrouvé sans vie. Son meurtrier semble appliquer les mêmes méthodes que « The Whisper Man », un tueur d'enfants que Pete Willis avait mis hors d'état de nuire il y a 30 ans. Or, Willis n'est autre que le père de Tom et le grand-père de Jake. Ils ne se sont pas vus depuis des lustres.
Une mécanique de polar bien huilée
Le film tire sur de nombreuses cordes : l'émotion, avec ces enlèvements d'enfants dont on sait qu'ils risquent de ne pas survivre à la folie de leur ravisseur ; la parentalité, avec ce papa gâteau incarné par Adam Scott, qui prend soin de son fils fragilisé par la mort de sa mère ; et les rapports familiaux distendus, avec ce vieux flic bourru qui avait coupé les ponts avec les siens.
La mécanique de The Whisper Man fonctionne plutôt bien. Elle intrigue dès le commencement et soulève des questions jusqu'au final. Le fait qu'un serial killer poursuive ses crimes alors qu'il purge une peine de prison à perpétuité attise la curiosité. On pense à un « copycat », mais ce n'est peut-être pas aussi simple qu'il y paraît. Derrière les barreaux, le tueur originel (derrière lequel se cache un acteur bien connu) n'a visiblement pas encore révélé tous ses secrets. Et pourquoi l'ancien locataire de la maison où vivent Tom et son fils a-t-il disparu de la circulation ? Les vraies et fausses pistes se mêlent et s'emmêlent.
Une tension constante entre rationnel et insaisissable
Réalisé par James Ashcroft, le film maintient sa tension avec une mécanique classique mais bien huilée. Il reprend des codes qui ont fait leurs preuves, empruntant ici et là (on peut penser au gamin du film Sixième Sens de M. Night Shyamalan, qui partage avec le petit Jake un ami invisible). Le récit psychotique gagne en épaisseur grâce aux relations parfois exacerbées entre Tom et son père, Adam Scott et Robert De Niro. L'un et l'autre se révèlent touchants de bout en bout. « Tu es un père merdique, mais un flic de premier ordre », lance le premier au second.
La double enquête du film (celle, réouverte, sur les crimes d'hier, et celle sur les disparitions d'aujourd'hui) permet d'alterner les points de vue tout en infusant le doute permanent dans l'esprit du spectateur. Avec cette histoire de criminel murmurant à l'oreille des enfants, les amateurs de polars ne perdront pas les 113 minutes requises pour résoudre une enquête qui fait son miel d'une tension constante entre explications rationnelles et menaces insaisissables.



