La fin d'une ère pour Tesla : adieu à la Model S et la Model X
Les astronautes de la mission lunaire Artemis II n'ont pas signalé avoir croisé le roadster Tesla d'Elon Musk, expédié dans l'espace pour un coup de marketing astucieux, plus valorisant qu'un échouage dans une casse automobile. Cependant, l'espace vit un embouteillage Tesla, encombré autour de la Terre par les milliers de satellites du système Starlink qui tissent à eux seuls une toile aux mailles serrées.
Un adieu brutal à deux icônes électriques
Sur Terre, à la stupeur des nombreux dévots de la marque, Elon Musk vient d'envoyer brutalement à la retraite la voiture iconique, la Model S, qui a contribué à créer le marché de la voiture électrique. Bien mieux que Nissan avec sa Leaf ou Renault avec sa Zoé, Tesla met dès 2012 le marché du haut de gamme sous haute tension avec cette berline.
Longue de près de 5 mètres, sous des lignes très épurées, la Model S laisse perplexe avec un tableau de bord futuriste, dépouillé au possible avec juste un large écran tactile en mode portrait. En rassemblant presque toutes les commandes, il concentre tous les câblages et propulse la Model S, conçue par des informaticiens pour des informaticiens, dans la catégorie des objets non identifiés.
Elle se montre à la hauteur et défraie la chronique depuis sa naissance avec notamment quelques dossiers épineux liés à sa conduite robotisée. Elle achève donc sa carrière 14 ans plus tard, ce qui est aujourd'hui un record de longévité. Et nombreux sont ceux qui vont la pleurer à chaudes larmes, jurant déjà sur les réseaux sociaux que cette disparition confine au sabordage.
La Model X suit le même destin
Cette exécution sommaire entraîne fatalement celle de la Model X aux portes arrière ouvrant en ailes de mouette, et cela pour une bonne raison : elle utilise exactement le même châssis batterie que la Model S. Or, c'est bien ce châssis qui a créé un séisme dans la vision de l'automobile et, par son efficience et ses qualités, posé un nouveau postulat technique.
Même si la mise au point a été faite en partie sur le dos des clients, l'aboutissement du système Tesla – dont on ne peut dissocier le formidable réseau de distribution d'énergie préféré à un réseau de concessionnaires – ébranle les certitudes des marques historiques. L'éclatement providentiel du dieselgate aux États-Unis ne fait que précipiter la conversion d'une technologie vers l'autre, mutation pas encore acquise aujourd'hui.
Un contexte concurrentiel bouleversé
La difficulté de ce tandem talentueux mais clivant a été de passer de la tranquille monoculture au bouillonnement d'une concurrence désormais établie et acérée. Tesla qui fabrique en Chine voit bien la production locale monter en puissance et en intérêt, alors que les marques du Vieux Continent sont désormais dans la partie avec des modèles enfin attractifs.
Tesla va laisser à la Model 3 le soin de défendre ses couleurs automobiles au moment précis où l'usine de Freemont, en Californie, se convertit à la production de robots humanoïdes Optimus. Une nouvelle marotte d'Elon Musk qui déplace son plan stratégique sur une autre façon de seconder, voire de précéder, le genre humain.
Ce tournant marque la fin d'un chapitre historique pour Tesla, alors que l'entreprise se réinvente face à une concurrence féroce et des ambitions technologiques élargies.



