Chaque année, les travailleurs saisonniers du littoral héraultais sont confrontés à deux difficultés majeures : trouver un logement et pouvoir se déplacer facilement. À La Grande-Motte, ces problèmes persistent malgré les efforts des acteurs locaux.
Un besoin criant de logements saisonniers
Sur les groupes Facebook dédiés à La Grande-Motte, Palavas ou Carnon, les annonces de recherche de logement pour juillet et août se multiplient. Serveurs, animateurs et vendeurs saisonniers cherchent désespérément un toit pour la durée de leur contrat. Selon Clarisse Picandet, responsable Emploi et animation économique à la Mission territoriale pour l’emploi et l’insertion (MTS) de l’Agglomération Pays de l’Or, « l’agglomération aurait besoin de 3 600 logements saisonniers ».
Pour répondre à cette demande, la MTS a créé en mars un poste de chargée de mission logement saisonnier, confié à Alexia Dolenski. « J’essaie d’animer un réseau et créer un engouement autour du logement saisonnier », explique-t-elle. « On ne trouve pas de solution de logement pour tout le monde, déplore-t-elle. Alors on aide les travailleurs sur la constitution de leur dossier, on fait office de permanence pour les conseiller. » Chaque semaine, une trentaine de saisonniers la sollicitent. Clarisse Picandet se félicite de son action : « Elle fait des merveilles. »
Alexia Dolenski travaille en lien avec des foyers de jeunes travailleurs, des résidences Crous, des agences immobilières et le groupe Action logement. Ce dernier propose la garantie Visale, un dispositif de caution locative. Christelle Izard, directrice territoriale du groupe, précise : « On se porte garant pour les salariés dont les parents ne peuvent pas l’être. C’est notre premier levier d’action. »
Des déplacements compliqués pour les saisonniers
Pour ceux qui ont un logement, le transport reste un obstacle. Charlotte, 22 ans, serveuse à la paillote des Alizés à La Grande-Motte, habite à Montpellier. Elle covoiture avec des collègues quand c’est possible. La MTS subventionne depuis trois ans l’application BlablaCar Daily pour les trajets quotidiens, mais Charlotte note : « Quand on finit plus tôt, il faut s’attendre. » Ses journées sont longues : 30 minutes de trajet, « 45 pour être à l’heure », et des horaires hachés qui l’empêchent de rentrer chez elle.
Cette année, l’Agglomération du Pays de l’Or a prolongé les lignes de bus 1 et 4 en soirée, de La Grande-Motte jusqu’à la station de tramway Pérols-Étang de l’Or. Une initiative soutenue par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). Mais Charlotte préfère la voiture : « Vu mes horaires, je préfère être libre avec la voiture. Je veux juste rentrer chez moi sans avoir à attendre. » Lisa, 33 ans, cheffe de rang au même restaurant, partage cet avis : « Niveau sécurité, on n’a pas envie de se retrouver toute seule avec des passagers de 3 h du matin. »
Le stationnement, une guerre quotidienne
Lisa, propriétaire à Lansargues, parcourt 40 km aller-retour pour se rendre au travail. Les frais de déplacement ne sont pas remboursés, mais elle a négocié un taux horaire net plus élevé pour compenser. En revanche, le stationnement est un véritable casse-tête : « Pour se garer, c’est la guerre. » Elle doit serrer sa voiture dans une petite impasse à l’arrière de l’établissement et « ça m’arrive de déplacer ma voiture en plein service pour que d’autres sortent ».
Face à ces difficultés, certains employeurs adaptent leur recrutement. Julien Lurienne, patron du restaurant Le Ranch Grill à La Grande-Motte, explique : « Tous mes employés viennent de la station, parce qu’autrement, c’est trop compliqué. » Même stratégie pour le restaurant Le Destin. Malgré les initiatives, la situation reste tendue pour les saisonniers du littoral.



