Les produits structurés, ces placements financiers complexes qui promettent des rendements attractifs, ont le vent en poupe dans les contrats d'assurance vie. Pourtant, ils recèlent des dangers souvent méconnus des épargnants. Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir, ces produits peuvent faire perdre jusqu'à 30 % du capital investi en cas de baisse des marchés.
Comment fonctionnent ces placements à haut risque ?
Un produit structuré est un contrat financier dont le rendement est lié à l'évolution d'un indice boursier, d'une action ou d'un panier d'actifs. Il promet généralement un gain fixe si l'indice ne baisse pas au-delà d'un certain seuil, mais en contrepartie, l'épargnant accepte un risque de perte en capital. « Ces produits sont souvent opaques et difficiles à comprendre pour le grand public », explique Olivier Lecomte, président de l'association de défense des épargnants.
Des frais élevés et une liquidité limitée
Les frais associés aux produits structurés sont souvent plus élevés que ceux des fonds traditionnels. Les frais d'entrée peuvent atteindre 5 % du montant investi, et les frais de gestion annuels oscillent entre 1,5 % et 2,5 %. De plus, ces placements sont généralement peu liquides : en cas de besoin urgent de liquidités, l'épargnant peut subir une décote importante. « Il faut garder ces produits jusqu'à leur échéance, souvent entre 5 et 10 ans, pour éviter des pertes », précise un conseiller en gestion de patrimoine.
Des promesses de rendement souvent trompeuses
Les assureurs mettent en avant des rendements potentiels de 6 % à 8 % par an, mais ces performances sont conditionnées à des scénarios de marché très favorables. En réalité, selon une étude de l'Autorité des marchés financiers (AMF), la majorité des produits structurés n'atteignent pas leurs objectifs de rendement. « Sur une période de 10 ans, le rendement moyen des produits structurés est inférieur de 2 points à celui d'un investissement simple dans un indice actions », indique le rapport.
Comment éviter les pièges ?
Pour se prémunir contre les mauvaises surprises, les experts recommandent de lire attentivement le document d'information clé (DIC) fourni pour chaque produit. Il détaille les conditions de gain, les risques de perte et les frais. Il est également conseillé de diversifier ses placements et de ne pas investir plus de 10 % de son épargne dans des produits structurés. Enfin, il est crucial de vérifier la notation de crédit de l'émetteur : si la banque ou l'assureur fait faillite, l'épargnant peut perdre tout son capital.
Un encadrement réglementaire insuffisant
Malgré les mises en garde des autorités, la commercialisation des produits structurés continue de croître. En 2025, ils représentaient 15 % des encours des contrats d'assurance vie, soit environ 250 milliards d'euros. L'AMF a récemment renforcé les obligations d'information, mais les associations de consommateurs jugent ces mesures insuffisantes. « Il faudrait interdire purement et simplement ces produits pour les épargnants non avertis », estime Maître Marie Dupont, avocate spécialisée en droit bancaire.
En conclusion, les produits structurés peuvent sembler séduisants, mais ils comportent des risques réels de perte en capital, des frais élevés et une liquidité réduite. Avant d'investir, il est essentiel de bien comprendre leur fonctionnement et de consulter un conseiller indépendant.



