Le Mans FC : les stars mondiales derrière la remontée en Ligue 1
Le Mans FC : les stars mondiales derrière la remontée

Le Mans FC, promu en Ligue 1 seize ans après l'avoir quittée, peut savourer ce samedi soir en s'installant dans le parcage du Parc des Princes, à l'occasion de la sixième journée de Ligue 1. Derrière cette remontée express, un actionnariat hors norme : le fonds d'investissement brésilien OutField, devenu majoritaire en février dernier, s'est entouré de figures du sport mondial comme Novak Djokovic, Felipe Massa, Kevin Magnussen, Thibaut Courtois, Idrissa Gueye et Lucas Leiva.

Un consortium d'investisseurs prestigieux

Les Brésiliens d'OutField ont choisi de ne pas faire les choses à moitié. Dès le départ, ils ont été accompagnés de gros noms du sport mondial, avant d'être rejoints par d'autres têtes d'affiche ces dernières semaines. Thibaut Courtois, Idrissa Gueye et Lucas Leiva ont ainsi rejoint ce consortium d'investisseurs. Selon Aymeric Magne, membre du conseil d'administration et du comité de gestion du Mans FC, « le projet du club et la consistance de celui-ci attire ces investisseurs. Ils ont été curieux et ils trouvent que le projet est cohérent et attractif. Ils sont tous exigeants et apportent chacun leur pierre à l'édifice par rapport à leurs expériences. »

Mais comment ces personnalités peuvent-elles avoir la tête dans la Sarthe alors que Djokovic écrase encore la concurrence, que Courtois évolue au Real Madrid et que Magnussen enchaîne les tours de circuits ? Ne les imaginez pas se réunir chaque semaine pour parler des performances de Louis Mafouta en attaque ou de la stratégie billetterie du stade Marie-Marvingt. Aymeric Magne explique : « Ils suivent tous les résultats, chaque match, ils s'informent. Ils ont un regard global, mais pas dans le détail. Mais s'ils ont des choses à dire, ils le font. Ça reste des actionnaires, ils peuvent donner leur avis. Chez ces athlètes-là, la délégation est assez naturelle et simple. »

Des contributions concrètes des actionnaires

Au-delà de l'investissement financier, chaque actionnaire apporte sa pierre à l'édifice. Thibaut Courtois a ainsi pu avoir quelques échanges avec les gardiens sarthois, Felipe Massa est venu soutenir le club au Mans, tandis que Novak Djokovic a envoyé des messages de soutien aux joueurs dans les moments charnières la saison passée en Ligue 2. « On sait que Novak, en matière de mental et de préparation physique, c'est quelqu'un qui peut nous donner deux trois conseils », assure Aymeric Magne, qui ajoute : « Chacun a un niveau d'exigence, un niveau de compétitivité qui est au-delà de la normale. Chacun a une expérience de vie différente, certains ont fait les mêmes sports, mais n'ont pas les mêmes caractéristiques. Chacun apporte sa vision, son expertise par rapport aux différents clubs ou aux différentes expériences qu'ils ont eues. »

Jérôme Coupez, créateur de Prodigy, grosse agence de représentation dans l'e-sport, est également membre du consortium. Il confirme ne jamais avoir encore pu discuter avec Djokovic ou Courtois : « La disponibilité, c'est un peu le challenge. Moi, je suis plus en contact avec le club et la direction du club qu'avec les autres actionnaires au quotidien. Ce n'est pas moi qui vais discuter avec eux, sauf s'il y a un sujet spécifique sur lequel on veut faire quelque chose ensemble. Les sportifs ont cet aspect réseau, performance, ils apportent quelque chose de très différent de ce que je peux apporter. »

Un projet d'e-sport et un ancrage local

Jérôme Coupez, qui a toujours rêvé d'investir dans un club de foot, a un champ d'action bien précis en tentant de faire le pont entre Le Mans FC et l'e-sport : « Il y a un enjeu pour le club d'aller chercher cette jeune génération, de les faire s'intéresser au foot et de les faire s'intéresser au Mans plutôt qu'à un autre club. Il y a beaucoup de choses à faire, sans forcément faire que du jeu de foot. Par exemple, on peut prendre un jeu comme Rocket League, un des jeux les plus joués et regardés au monde, avec une fan base très jeune, et créer des relations évidentes entre ce jeu et le club. » Il précise : « C'est un projet sur le long terme, on n'a pas envie de se précipiter, de faire les choses à moitié. Et, surtout, on veut les faire de façon authentique. Il faut que ce soit quelque chose qui fasse sens, et auquel les fans d'e-sports, de gaming et l'audience se reconnaissent. »

Les résultats de cet actionnariat à plusieurs têtes montrent les premiers signes de réussite. Le stade Marie-Marvingt affiche un taux de remplissage de 90 % depuis le début de la saison. Les arrivées d'investisseurs de plusieurs pays ont également permis un rayonnement à l'international. Selon Aymeric Magne, les matchs du Mans, l'année dernière en Ligue 2, pouvaient ramener jusqu'à 50.000 téléspectateurs brésiliens, alors que les posts de Djokovic sur les réseaux sociaux touchent des millions de personnes. « Il y a une vraie attraction autour du club, conclut Jérôme Coupez. Tous les actionnaires ont quand même cette culture de la performance et on a tous une vision un peu similaire du développement du club, sinon on n'aurait pas rejoint le projet. Cette diversité, c'est une force. »