Le Grenier des gastronomes : de la crise à l'Élysée, la renaissance d'une PME landaise
Le Grenier des gastronomes : renaissance d'une PME landaise

Le Grenier des gastronomes : une PME landaise entre crise et renaissance

Spécialisée dans la vente de produits issus du canard, l'entreprise familiale Le Grenier des gastronomes a connu des années difficiles entre 2017 et 2025, avec un chiffre d'affaires qui a fondu de manière spectaculaire. Pourtant, aujourd'hui installée à Hagetmau dans les Landes, cette PME de 55 employés nourrit à nouveau de grandes ambitions pour l'avenir.

Une reconnaissance nationale à l'Élysée

Les 15 et 16 novembre 2025, Le Grenier des gastronomes s'est rendue au Palais de l'Élysée dans le cadre de la Grande exposition du fabriqué en France. Cette manifestation annuelle, qui se tient depuis 2021, vise à valoriser le savoir-faire français, soutenir l'économie locale et promouvoir la production nationale. L'entreprise y a présenté son produit phare : le foie gras nature mi-cuit IGP Sud-Ouest.

« C'est quand même une reconnaissance d'aller à l'Élysée », confie Xavier Théophile, directeur commercial de la société. Cette distinction nationale vient saluer le travail de structuration et de développement engagé par l'entreprise ces dernières années, notamment autour de la maîtrise de sa filière d'élevage.

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Une restructuration profonde

Depuis l'arrivée du nouveau directeur général Manuel Lenglet en 2017, l'entreprise a lancé GersLandes Production, son propre élevage de canards qui représente aujourd'hui 40% de ses ventes. Les 60% restants sont achetés auprès de coopératives et d'éleveurs indépendants de la région. Les canards sont transformés dans les locaux de l'entreprise pour être vendus aux grandes surfaces, principalement dans la région, ainsi qu'aux restaurants.

La PME propose plus de 300 produits différents – foie gras, terrines, saucisses, gésiers – tous issus de canards locaux bénéficiant de l'IGP Sud-Ouest ou du Label rouge, garantissant une qualité supérieure. Une part infime de la production est destinée à l'export vers l'Espagne, la Suisse et la Belgique.

Des années de crise surmontées

Le parcours n'a pourtant pas été linéaire. La France a été confrontée à de nombreux cas de grippe aviaire, particulièrement dans les Landes au cours des dernières années, et la période du Covid-19 a fortement freiné l'évolution de l'entreprise. Alors que le chiffre d'affaires avoisinait 30 millions d'euros en 2017, il est tombé à environ 20 millions d'euros en 2025, soit une perte de près de 33%.

La reprise a été difficile mais Manuel Lenglet a pu compter sur le soutien de l'État. Les commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises (CRP) leur sont venus en aide. L'État a prêté 1 million d'euros et la Région 780 000 euros pour redresser l'entreprise.

Récompenses et nouvelles ambitions

Les efforts ont porté leurs fruits. Lors du Salon de l'agriculture 2025, deux de leurs produits ont été récompensés : le foie gras de canard entier IGP Sud-Ouest au piment d'Espelette a obtenu le bronze, tandis que le foie gras mi-cuit en épicerie a décroché la deuxième place du podium. « On en est fiers », confie Manuel Lenglet.

De plus, l'entreprise a renouvelé cette année son label PME+ délivré par la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF). Ce label distingue les petites et moyennes entreprises françaises engagées dans des pratiques responsables sur le plan social, environnemental et économique.

Désormais, Le Grenier des gastronomes nourrit de grandes ambitions, avec pour objectif d'atteindre un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros d'ici quatre à cinq ans. Pour y parvenir, l'entreprise prévoit d'investir dans la structure et l'organisation, de faire évoluer le processus budgétaire et d'augmenter la production.

Avec 500 000 canards vendus par an, contre 27 millions sur le territoire national, l'entreprise cherche à se faire une place face aux géants du secteur, tels que Maïsadour ou Euralis qui sont en pourparlers pour fusionner. « Plus l'éléphant est gros, plus on peut marcher entre les pattes », souligne le PDG, montrant une confiance aveugle au potentiel de son entreprise.

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La visite à l'Élysée, même si elle n'a pas généré de tremplin économique direct, a offert une belle opportunité pour leur image. « Cela nous a permis de nous faire connaître sur les réseaux sociaux », se réjouit Xavier Théophile. Après des années difficiles, les nuages semblent se dissiper pour cette PME landaise qui représente fièrement le savoir-faire gastronomique du Sud-Ouest français.