Deux créateurs ont testé l'Échoppe saintaise
Depuis mars 2026, deux créateurs se sont succédé dans ce laboratoire commercial éphémère, bénéficiant d'un loyer divisé par deux. Tant les vêtements cousus main de Valérie Grgic que les transistors modernisés de Patrick Didier ont rencontré leur clientèle.
Patrick Didier, le modernisateur de transistors
S'il est un qui est ravi, c'est Patrick Didier. Installé dans les murs de l'Échoppe saintaise depuis le 8 avril, à l'angle des rues Victor-Hugo et Urbain-Loyer, le patron de D'art en arts 17 a trouvé la visibilité qu'il recherchait depuis longtemps. L'ancien brocanteur antiquaire de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, y vend des postes radio et transistors d'origine qu'il « modernise pour que ça continue à chanter », comme il dit. Bluetooth et éclairage LED sont ses meilleurs amis. Il redonne de la voix aux vieux postes mais les déleste aussi des composants inutiles. « Les postes sont garantis autant de temps que je serai vivant ! »
En vitrine, se distinguent des petits trésors comme un poste Radiola de 1936 fabriqué par « Radio CNA, Rigaud et Cie, Pons, Charente Inférieure », mention gravée dans la petite plaque en métal, à l'arrière.
Valérie Grgic, la couturière de vêtements évolutifs
Patrick Didier est le deuxième commerçant à se tester dans ces murs au loyer très réduit, situé en plein cœur de ville. La première entreprise a été Brindille & Lardon de Valérie Grgic. L'artisane, qui a créé sa société en 2019, chez elle, à Saint-Georges-des-Coteaux, coud des vêtements évolutifs pour enfants, avec des tissus durables, bio et écoresponsables.
Le concept de l'Échoppe saintaise
L'Échoppe saintaise est un concept porté par l'agence d'attractivité de Saintes Grandes Rives. Patrick Didier débourse 360 euros par mois pour 35 mètres carrés. L'occupation est éphémère : comme convenu, il quittera les lieux le 30 avril pour laisser place à une autre activité. Valérie Grgic y est restée tout le mois de mars.
Des retours enthousiastes
Patrick Didier, qui a son atelier et un showroom chez lui à Chaniers depuis 2024, reste interdit par le montant des baux commerciaux à Saintes. « Ce sont des prix au mètre carré qu'on voit à Paris ! » C'est en passant rue Victor-Hugo qu'il a découvert l'invitation à tester l'Échoppe saintaise. L'emplacement, la vitrine en angle et les conditions d'accès, même temporaires, le convainquent qu'il a là l'occasion de tester ses vieux transistors qui chantent. « Je voulais savoir si le créneau sur lequel je travaillais fonctionnait. »
Après cinq semaines de présence, Patrick Didier a détecté « un fort potentiel de clientèle ». Il a réalisé des ventes et a distribué un bon nombre de cartes de visite dont il espère un retour fructueux. S'il vend des postes radio au son d'aujourd'hui clé en main, il est aussi en mesure de transformer un transistor que les clients lui confient.
Quelle suite après la boutique éphémère ? Patrick Didier a plusieurs pistes, dont celle d'un local commercial partagé avec des créateurs qui s'inscriraient dans la veine vintage de ce qu'il propose. Il aimerait aussi, pourquoi pas, qu'un commerçant lui libère un bout de vitrine pour y exposer ses transistors. Il songe également à trouver un distributeur, ce qui lui libérerait du temps pour l'atelier.
Même retour enthousiaste pour Valérie Grgic, dont « les attentes ont été plus que comblées. Il y a un réel besoin de vêtements pour bébés, faits main, autres que ceux des grandes chaînes ». Elle le savait mais cette visibilité l'a confortée. La difficulté majeure est qu'elle ne pouvait être à la fois à la boutique et à l'atelier, même si elle avait amené une machine à coudre pendant l'expérience Échoppe saintaise. L'artisane couturière se projette, comme Patrick Didier, dans un lieu partagé et thématique avec d'autres créateurs en lien avec la petite enfance. « Chacun ferait des permanences d'une semaine par exemple. » Valérie Grgic est candidate à tout nouveau modèle qui lui permettrait de développer Brindille et Lardon. Et est prête à revenir à l'Échoppe saintaise, tout comme Patrick Didier d'ailleurs.
Contacts et informations pratiques
Contact : Brindille & Lardon, mail : valerie@brindille-lardon.fr et tél : 06 79 30 04 97. D'art en arts 17, mail : dartenarts17@gmail.com et tél. 06 14 12 32 43.
Le principe de l'Échoppe saintaise
L'Agence d'attractivité, adossée à l'Agglomération de Saintes, finance la moitié du loyer demandé par le propriétaire des murs commerciaux de l'Échoppe saintaise. La durée d'occupation va d'une semaine à six mois. L'un des critères de sélection est de ne pas entrer en concurrence avec un commerce existant. Trois dossiers d'achat ou de location sont à l'étude actuellement pour créer des espaces commerciaux partagés, rive droite et rive gauche. Pour candidater à l'Échoppe saintaise, tél. 07 44 81 64 05. Vingt-cinq porteurs de projets se sont manifestés.



