JOTT, la marque marseillaise de doudounes colorées, menacée de disparition : trois offres de reprise examinées
Le tribunal des affaires économiques de Marseille a examiné ce vendredi 27 mars 2026 trois offres de reprise pour JOTT, l'entreprise marseillaise de prêt-à-porter connue pour ses doudounes colorées, placée en redressement judiciaire en décembre dernier. La décision finale sera rendue le 13 avril 2026, déterminant l'avenir de cette marque emblématique du Sud de la France.
Les détails des offres de reprise
Trois candidats se sont présentés pour reprendre JOTT, avec des propositions variées en termes d'emplois et de prix de cession. Le groupe Amoniss apparaît comme le grand favori, ayant recueilli la majorité des votes des parties prenantes. Cette société d'investissement, qui détient déjà les marques Chevignon, Lee Cooper et l'enseigne Pimkie, propose de reprendre 77% des effectifs de droit français et offre le meilleur prix de cession à 3 millions d'euros pour le stock et les actifs.
Le Projet Mars, porté par des salariés et l'un des fondateurs de JOTT, n'a obtenu que deux voix. Il prévoit de conserver seulement 34% des salariés et propose 900 000 euros pour la cession. Enfin, BCR-I, une holding ayant déjà repris l'enseigne de mode masculine Café Coton, n'a recueilli aucun suffrage. Son offre envisageait de garder 28% des effectifs pour 400 000 euros.
Un quatrième candidat, le groupe Origin, associé à des intérêts du Moyen-Orient, n'a finalement pas défendu son offre, faute d'avoir obtenu les garanties bancaires nécessaires.
Une success-story marseillaise en péril
JOTT, fondée en 2010 et signifiant « Just Over The Top », employait 254 personnes en France en 2025 pour un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros. La marque est présente dans sept magasins situés entre le Var, les Alpes-Maritimes et Monaco, notamment à La Valette-du-Var, Bandol, Nice, Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer, Cannes et Monaco. Son réseau de boutiques couvre principalement la France et l'Europe, mais sa filiale néerlandaise et belge fait également l'objet d'une procédure de liquidation à Bruxelles.
En décembre dernier, le syndicat régional Mode in Sud avait tiré la sonnette d'alarme, affirmant que « JOTT n'est pas seulement une entreprise locale, mais une success-story marseillaise », s'inquiétant d'un exemple « lourd de sens pour notre écosystème mode dans le Sud ». Cette situation s'inscrit dans un contexte de crise profonde du prêt-à-porter français, affecté par la concurrence de la seconde main et de la mode ultra-éphémère venue d'Asie.
Les employés et les clients attendent avec impatience le verdict du 13 avril, qui déterminera si JOTT pourra survivre ou disparaître définitivement du paysage de la mode française.



