Hermès : Axel Dumas révèle avoir refusé trois fois de rencontrer Jeffrey Epstein
Hermès : Dumas a refusé trois fois de rencontrer Epstein

Le patron d'Hermès détaille ses contacts avec Jeffrey Epstein

Des courriels échangés par l'assistante d'Axel Dumas, le dirigeant du groupe de luxe français Hermès, révèlent que ce dernier a systématiquement refusé les invitations lancées par Jeffrey Epstein. Ces documents, consultés par l'AFP dans les dossiers Epstein rendus publics par la justice américaine, confirment les déclarations du gérant faites ce jeudi lors d'un point presse.

Une rencontre fortuite en 2013

Axel Dumas a précisé que son seul contact physique avec Jeffrey Epstein remonte à mars 2013, lors d'une visite des ateliers Hermès à Pantin, en région parisienne. « Il ne figurait pas sur les listes des invités et s'est joint à un groupe d'invités de Woody Allen et sa femme, sans que cela ait été annoncé en amont », a-t-il expliqué. Une photo issue des archives Epstein montre effectivement Axel Dumas aux côtés du réalisateur américain et du criminel sexuel.

« On en a profité pour faire une photo prise sur le vif, que visiblement il a gardée précieusement », a souligné le patron d'Hermès, ajoutant : « Et effectivement, il avait déjà une mauvaise réputation. Par la suite, il a tenté par trois fois de me rencontrer, ce que j'ai toujours décliné ».

Refus systématique et contexte tendu

Les tentatives de rapprochement de Jeffrey Epstein ont été multiples. En 2016, il a participé à une vente aux enchères caritative et a remporté un lot offert par Hermès : un stage en atelier. « Lorsque nous avons appris qu'il était l'enchérisseur gagnant, nous avons refusé et avons dédommagé la charity d'un montant équivalent », a indiqué Axel Dumas.

Dès 2012, le financier avait sollicité Hermès pour refaire l'intérieur de son avion, une demande également rejetée. « Je ne peux pas vous dire exactement ce qu'on savait sur lui ou pas, parce que je ne me rappelle pas il y a 13 ans, mais il avait déjà une réputation détestable », a précisé le dirigeant.

Il a également replacé ces événements dans le contexte conflictuel de l'époque avec LVMH, après l'intrusion discrète du géant du luxe dans le capital d'Hermès. « J'étais déjà très suspicieux des agissements d'Éric Freymond auprès de mon oncle, et on n'avait pas besoin d'un financier louche », a-t-il ajouté, faisant référence à la plainte déposée par son oncle, Nicolas Puech, contre son ancien gestionnaire de fortune.

Cette affaire, où il était question de montages financiers suspects et de la possible vente d'actions à LVMH, avait valu une condamnation de l'Autorité des marchés financiers (AMF) au groupe dirigé par Bernard Arnault. Les déclarations d'Axel Dumas mettent ainsi en lumière sa volonté de distance face à des personnalités controversées, dans un secteur du luxe où les relations d'affaires sont scrutées.