Le président de l'Union des aéroports français et francophones associés (UAF) a déclaré jeudi qu'il n'y aurait pas d'annulations de vols massives en été, mais que le secteur du transport aérien craint « un contre-coup en automne » et demande la suppression du triplement de la taxe sur les billets d'avion.
Un été sous tension
« On passera l'été, mais le secteur ne sortira pas indemne de cette crise énergétique qui s'annonce structurelle », a affirmé Thomas Juin, président de l'UAF, sur RMC. Il a ajouté : « Tout le secteur sortira très fragilisé. Ce qui est à craindre, c'est qu'on subisse le contre-coup à l'automne. » Le secteur a en mémoire l'exemple de 2025, avec « une deuxième vague de suppression de lignes » à l'automne « suite au triplement de la taxe sur les billets d'avion ».
Pas de pénurie de kérosène
Interrogé sur une éventuelle pénurie de kérosène, Thomas Juin a indiqué qu'il n'y avait « aucune crainte » à ce sujet. « On a eu pratiquement un million de sièges supprimés sur nos aéroports français en faisant cette taxe », a-t-il estimé. « On s'achemine vers une situation où on va subir une situation de crise où les compagnies aériennes ont été fragilisées et donc vont être amenées à faire des arbitrages assez sévères sur les aéroports français », a-t-il poursuivi.
Demande de suppression de la taxe
Lors d'une réunion la veille avec le gouvernement, les acteurs de l'aérien ont demandé d'« effacer le triplement de la TSBA », la taxe sur les billets d'avion. Selon Thomas Juin, pour le gouvernement, ce n'était « pas le moment d'aborder ce sujet ». À l'issue de cette réunion, le ministre de l'Économie Roland Lescure a assuré qu'il n'y avait « à priori aucune crainte » de voir une pénurie de kérosène dans le transport aérien en mai et juin, en évoquant « sans doute peu de risque » pour la suite.
La France à la traîne
Contrairement à ses voisins européens, « la France n'a pas retrouvé son niveau d'avant Covid, ce qui n'est pas le cas en Espagne, au Portugal, en Italie où ils sont à plus 15 %, plus 20 % », a déploré Thomas Juin. « Il faut engager une politique fiscale aérienne qui soit pragmatique et qui ne soit pas contre-productive pour notre secteur », a-t-il conclu.



