Airbnb ne veut plus être seulement le site des locations entre particuliers. La plateforme poursuit ses tentatives de devenir une « agence de voyages dans la poche » en intégrant des hôtels indépendants, la livraison de courses, la location de voitures et des consignes à bagages.
Arrivée des hôtels indépendants
Lors d'un événement à San Francisco, le fondateur Brian Chesky a annoncé l'arrivée dans l'application de « milliers d'hôtels de charme ou indépendants » dans vingt destinations, dont Paris, Londres, Rome et Singapour. Une nouveauté attendue mais loin d'être naturelle pour la plateforme, née en 2008 comme alternative à l'hôtellerie. Airbnb se rêve désormais en intermédiaire complet, empiétant sur le terrain de Booking.com et Expedia.
« On sait qu'un logement n'est pas adapté à tout type de voyage », a lancé le patron de 44 ans, virevoltant sur scène. Il a cité les voyages de dernière minute, ceux d'une seule nuit, ou les situations où il n'y a aucune disponibilité, comme à New York. Une allusion à l'interdiction depuis 2023 de la quasi-totalité des locations courte durée entre particuliers dans la Grosse Pomme.
« Ce n'est pas un marché de niche », a-t-il justifié. Selon lui, les indépendants et les établissements de caractère représentent 60 % de l'offre hôtelière mondiale. « Ils veulent un allié pour pouvoir concurrencer les chaînes », a-t-il assuré.
Pression réglementaire
Cette évolution, 18 ans après les débuts amateurs à San Francisco, est aussi motivée par des restrictions de plus en plus fortes sur la location de meublés touristiques. En décembre, l'Espagne lui a infligé une amende de 65 millions d'euros, et Barcelone ne renouvellera pas des milliers d'autorisations de locations qui expirent en 2028. À Paris, la lutte contre les annonces illégales a été renforcée. Les meublés touristiques représentent 8 % de son offre dans la capitale française, se défend la plateforme.
« Si une ville est en crise du logement, Airbnb devrait être restreint dans une certaine mesure », a admis Brian Chesky face à la presse.
Diversification des services
La nouvelle mouture de l'application intègre la livraison de courses dans près d'une trentaine d'agglomérations aux États-Unis, avec Instacart. À l'international, elle ajoute les transferts depuis l'aéroport ou la gare ainsi que des consignes à bagages, dans plus de 160 villes. La plateforme proposera également la location de voitures, sans encore préciser les partenaires.
Ces services font écho à des évolutions similaires d'Uber, élargissant l'offre tout en restant un simple intermédiaire, sans avoir à embaucher des prestataires et assurer leur protection sociale. « Je ne sais pas en quoi c'est différent d'Uber, honnêtement », a reconnu Brian Chesky.
Intelligence artificielle
L'application s'enrichit de fonctionnalités d'intelligence artificielle pour synthétiser les commentaires, comparer les annonces sur mesure et fournir un assistant en onze langues.
Airbnb a dégagé 2,68 milliards de dollars de chiffre d'affaires au premier trimestre 2026, en hausse de 18 % sur un an. Sur les nouveaux services à domicile annoncés l'an dernier, sa directrice financière Ellie Mertz avait averti qu'aucun « revenu significatif à court terme » n'était attendu. « C'est notre troisième tentative de diversification et cette fois, ça marche », a assuré M. Chesky, sans dévoiler de chiffres.



