La PME française Agorapulse a remporté son bras de fer judiciaire contre le géant américain X (ex-Twitter). La justice française a estimé que le réseau social a imposé une hausse « disproportionnée » des frais d’accès à son interface automatisée (API) en 2025, dans le contentieux qui l’opposait à la start-up française, révèle La Lettre.
Une décision de justice favorable à Agorapulse
Dans son jugement rendu le 7 mai, le tribunal des activités économiques de Paris a estimé que « l’augmentation disproportionnée du tarif » imposée par le groupe X à Agorapulse après dix ans de relation a représenté une « rupture brutale partielle » des relations commerciales entre les deux entreprises.
La justice relève également un « déséquilibre significatif » dans leurs relations commerciales. Le tribunal juge en outre que « le groupe X est en situation de monopole de fait sur les données qu’elle détient et, partant, sur l’outil qui conditionne leur accès, l’API X ».
Les conséquences pour le géant américain
Le tribunal ordonne ainsi au géant américain de mettre son API à disposition d’Agorapulse au tarif mensuel de 49 000 dollars pendant une durée de 15 mois, contre 225 000 dollars actuellement et 250 000 dollars à partir de juin, ainsi qu’à verser 50 000 euros de frais de justice.
Cette décision représente une économie de plus de 3 millions d’euros pour Agorapulse, dépendante de l’utilisation de l’interface de X pour faire fonctionner ses logiciels.
La réaction du patron d’Agorapulse
« On est satisfait » de la décision du tribunal même si cela ne représente « qu’un répit et non une solution pérenne », a réagi Emeric Ernoult, le patron de ce spécialiste des outils de gestion des réseaux sociaux qui emploie 140 salariés. Il assure que l’augmentation soudaine des tarifs de X a forcé l’entreprise à se séparer de 23 salariés fin 2025.
« Je l’ai fait pour défendre notre intérêt, ce n’est pas un combat politique », a-t-il assuré.
Contexte élargi
Le patron de X, Elon Musk, est lui-même visé par une information judiciaire ouverte début mai à Paris pour de possibles dérives de son réseau social.



