Afghanes privées d'école : l'entreprise comme combat
Afghanes privées d'école : l'entreprise comme combat

En Afghanistan, des femmes privées d'école et exclues de l'administration se tournent massivement vers l'entrepreneuriat pour subvenir à leurs besoins et financer des cours clandestins. Selon un rapport d'ONU Femmes publié en août 2026, le nombre d'entreprises dirigées par des femmes a augmenté de 25 % en un an, malgré les restrictions imposées par les talibans. « Ma façon de me battre, c'est de fournir du boulot aux femmes », témoigne une entrepreneure de Kaboul, qui préfère garder l'anonymat.

Un exode économique forcé vers l'entreprise

Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, les femmes afghanes ont été exclues des écoles secondaires et des universités, ainsi que de la plupart des emplois dans l'administration publique. Face à cette exclusion, beaucoup se sont tournées vers le secteur privé. Le rapport d'ONU Femmes indique que 68 % des femmes interrogées ont créé leur entreprise pour des raisons de survie économique, et non par choix.

Les secteurs les plus prisés sont la couture, la pâtisserie, l'artisanat et les services à domicile. Ces activités, souvent exercées depuis le domicile, permettent de contourner les restrictions de déplacement et de contact avec les hommes non apparentés. « Nous avons dû inventer de nouvelles façons de travailler », explique une femme d'affaires de Herat, citée dans le rapport.

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Des entreprises clandestines et des réseaux de solidarité

Les entreprises féminines fonctionnent souvent de manière informelle, sans enregistrement officiel, pour éviter les représailles. Elles s'appuient sur des réseaux de solidarité locaux, notamment via les réseaux sociaux et les messageries chiffrées. Le rapport souligne que 40 % de ces entreprises sont gérées entièrement en ligne, ce qui permet de maintenir une certaine discrétion.

Ces activités économiques ne servent pas seulement à générer des revenus. Elles financent aussi des cours clandestins pour les filles et les femmes. « L'argent que je gagne avec mon atelier de couture paie le salaire de deux enseignantes qui donnent des cours de mathématiques et de lecture à des filles de mon quartier », confie une autre entrepreneure de Mazar-i-Sharif. Selon ONU Femmes, 30 % des entreprises féminines reversent une partie de leurs bénéfices à des initiatives éducatives clandestines.

Un impact économique et social significatif

L'impact de ces entreprises dépasse la simple survie. Elles créent des emplois pour d'autres femmes, qui sont souvent les seules soutiens de leur famille. Le rapport estime que chaque entreprise féminine emploie en moyenne trois femmes, contribuant ainsi à atténuer la crise humanitaire qui frappe le pays. « Nous ne sommes pas seulement des travailleuses, nous sommes un réseau de soutien », ajoute une entrepreneure de Kaboul.

Les défis restent immenses : accès limité au crédit, aux matières premières et aux marchés, et menace constante de fermeture par les autorités. Malgré cela, ONU Femmes note une résilience remarquable. L'organisation appelle à un soutien international accru, notamment par des financements directs aux entreprises féminines et des programmes de formation à distance.

Ce mouvement entrepreneurial, bien que fragile, constitue une forme de résistance quotidienne. Il permet aux femmes afghanes de maintenir une activité économique et de préserver l'espoir d'un avenir meilleur, tout en finançant l'éducation de la prochaine génération. Selon le rapport, le nombre de filles bénéficiant de ces cours clandestins a doublé en six mois, passant de 50 000 à 100 000 à travers le pays.

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