Le mercredi 24 juin 2026, une dizaine d'étudiants du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) ont mené une action choc à l'université de Montpellier (UM) pour protester contre le partenariat de l'établissement avec TotalEnergies. Ils se sont infiltrés dans un amphithéâtre lors de la conférence scientifique Montpellier Global Days 2026, qui avait pour thème "Food, People, Planet", et ont interrompu l'événement en scandant : "Total, Total, hors de nos facs !"
Un partenariat signé en toute discrétion
Le 11 juin dernier, l'UM a acté un partenariat avec TotalEnergies dans le cadre du Master Énergies. Ce partenariat prévoit des interventions de cadres de l'entreprise, des visites de sites industriels, la facilitation de stages et l'organisation de conférences. Les étudiants du SCUM dénoncent une convention signée en toute "discrétion" avec une entreprise condamnée. Selon eux, la convention reprend mot pour mot les formulations de TotalEnergies, telles que "ambition d'être un acteur majeur de la transition énergétique" ou "neutralité carbone d'ici 2050", que le tribunal judiciaire de Paris a jugées trompeuses en octobre 2025.
Des pancartes et des slogans chocs
Les étudiants ont brandi une banderole "Non à Total à l'UM" ainsi que des pancartes chocs : "partenariat de la honte", "totalement contre" ou encore "non au greenwashing de Total". Ils ont scandé leurs slogans devant Philippe Augé, président de l'université. Johan Palmier, élu à la Commission de la formation et de la vie universitaire (CFVU), a déclaré auprès de Midi Libre : "L'UM se pavane comme étant une des plus vertueuses en termes d'écologie et finalement fait un accord comme ça avec TotalEnergies." Il a ajouté : "Je ne pense pas que ce soit le rôle d'une entreprise privée de sauver les étudiants."
Des exigences claires
Les étudiants et syndicats exigent la rupture immédiate de la convention, la transparence sur les partenariats et l'ouverture d'un débat associant personnels et étudiants. Un nouveau rassemblement est prévu le 30 juin devant la faculté des sciences. Johan Palmier a annoncé que plus de 1 900 personnes ont déjà signé la pétition visant à annuler le partenariat. Il a lancé : "On se mobilisera jusqu'à la rupture du partenariat."
Un paradoxe écologique
Le syndicat souligne que l'UM est classée 14e au palmarès mondial de Shanghai en matière d'écologie et première en France. Ce partenariat avec TotalEnergies est perçu comme un "greenwashing" qui contredit cette réputation. Les étudiants pointent également le refus de l'université de communiquer aux élus la liste complète de ses partenariats privés.
Mobilisation croissante
La mobilisation ne faiblit pas. Les étudiants comptent maintenir la pression jusqu'à l'annulation du partenariat. La pétition en ligne continue de recueillir des signatures, et de nouvelles actions sont prévues. Le SCUM entend dénoncer ce qu'il considère comme une compromission de l'université avec une entreprise dont les pratiques environnementales sont contestées.



