Russie : interdiction des exportations de diesel face aux frappes ukrainiennes
Russie : interdiction des exportations de diesel jusqu'à fin juillet

La Russie a instauré une interdiction des exportations de diesel à partir du mercredi 10 juillet, une mesure qui restera en vigueur jusqu'au 31 juillet. Le vice-Premier ministre russe Alexander Novak l'a annoncé lors d'une réunion gouvernementale avec Vladimir Poutine, déclarant : "Une interdiction d'exportation de carburant diesel a été instaurée aujourd'hui. Cela nous permettra d'augmenter les livraisons sur le marché intérieur en juillet."

Une situation jugée "complexe" sur le marché intérieur

Novak a reconnu que la situation en matière de carburant restait "complexe" et que "la situation actuelle dans les stations-service suscite clairement des inquiétudes au sein de la population". L'interdiction concerne également les producteurs de diesel, mais les approvisionnements effectués dans le cadre d'accords gouvernementaux préexistants, comme celui conclu avec la Mongolie, en sont exemptés.

Cette décision fait suite à une série d'attaques de drones ukrainiens contre des raffineries de pétrole russes, qui se sont intensifiées ces derniers mois. Ces frappes ont provoqué des pénuries d'essence et une flambée des prix. Selon le média ukrainien Kyiv Independent, les autorités russes ont également autorisé les raffineries à produire des types de carburant plus toxiques pour tenter d'accroître l'offre.

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L'Ukraine revendique une stratégie pour "nuire à l'économie russe"

L'Ukraine affirme que ses attaques visent à limiter la capacité de la Russie à poursuivre la guerre et à la forcer à des pourparlers de paix. Vladimir Poutine a déclaré lors de la réunion que l'Ukraine "tentait de nuire à l'économie russe, mais surtout, de créer un climat d'anxiété au sein de la société". Il a ajouté : "Nous savons tous que cet objectif est inatteignable. La résilience du système électrique russe est très élevée, parmi les plus élevées au monde."

La situation est particulièrement critique en Crimée occupée, où les frappes ukrainiennes ont coupé la péninsule des voies d'approvisionnement russes. En juin, les ventes de gaz aux civils ont dû être totalement suspendues.

Une chute des exportations maritimes de diesel

Avant même l'annonce de l'interdiction, les exportations russes de diesel et de gazole par voie maritime avaient déjà chuté de 39 % en juin par rapport à mai, pour atteindre environ 1,8 million de tonnes métriques. La Turquie et le Brésil étaient les principaux acheteurs, absorbant au moins la moitié des cargaisons disponibles, selon les données de transport maritime. Entre le 1er et le 8 juillet, les exportations n'ont atteint que 214 000 barils par jour, selon les données de Kpler relayées par Reuters. En juillet 2025, elles étaient de 793 000 barils par jour, et de 842 000 barils par jour en juillet 2021, avant la guerre.

Un impact potentiel sur les marchés mondiaux

Cette interdiction pourrait accentuer les tensions sur les marchés mondiaux des carburants, déjà perturbés par les réductions d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. L'an dernier, la Russie a fourni environ 11 % des approvisionnements mondiaux de diesel, selon les données de Bloomberg et de Vortexa Ltd.

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