Rotterdam, premier port d'Europe, amorce une transition énergétique timide
Rotterdam amorce une transition énergétique timide

Rotterdam, le plus grand port d'Europe et un hub énergétique mondial, a entamé une transition timide vers un avenir plus vert. Avec ses terminaux pétroliers, ses raffineries et ses centrales électriques au charbon, le port est responsable de 15 % des émissions de CO2 des Pays-Bas. En 2025, le port a lancé un plan de décarbonation ambitieux, mais les résultats concrets peinent à se matérialiser.

Un hub énergétique sous pression

Le port de Rotterdam traite chaque année environ 440 millions de tonnes de marchandises, dont une part importante de combustibles fossiles. Il abrite la plus grande raffinerie de pétrole d'Europe et est un point d'entrée majeur pour le gaz naturel liquéfié (GNL). Cette dépendance aux énergies fossiles rend la transition complexe.

Selon un rapport de l'Autorité portuaire de Rotterdam, les émissions de CO2 du port ont diminué de 5 % entre 2019 et 2024, principalement grâce à l'efficacité énergétique. Cependant, cette baisse est insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques nationaux.

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Projets d'hydrogène et de capture de carbone

Le port mise sur l'hydrogène vert et la capture de carbone pour réduire son empreinte. Le projet Porthos, qui vise à capturer et stocker du CO2 sous la mer du Nord, devrait être opérationnel en 2027. De plus, plusieurs usines de production d'hydrogène par électrolyse sont en construction, avec une capacité prévue de 2,5 GW d'ici 2030.

« Rotterdam a le potentiel de devenir le hub de l'hydrogène en Europe, mais cela nécessite des investissements massifs et un cadre réglementaire favorable », a déclaré un porte-parole de l'Autorité portuaire.

Défis et critiques

Les militants écologistes critiquent la lenteur de la transition. « Le port continue d'investir dans les infrastructures fossiles tout en parlant de durabilité », dénonce une porte-parole de Greenpeace. Selon eux, les projets d'hydrogène vert ne compenseront pas les émissions actuelles avant plusieurs décennies.

Le port doit également faire face à la concurrence d'autres hubs européens comme Anvers et Hambourg, qui accélèrent leur propre transition. Rotterdam risque de perdre sa position de leader si les investissements ne suivent pas.

Vers un avenir incertain

La transition de Rotterdam est un cas d'école pour les ports industriels. Si elle réussit, elle pourrait inspirer d'autres hubs mondiaux. Mais pour l'instant, le chemin est semé d'embûches. Le port doit concilier son rôle économique vital avec les impératifs climatiques, un équilibre fragile.

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