L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a sonné l'alerte, mardi 21 juillet, dans son rapport mensuel sur le marché pétrolier. Selon l'organisation, les stocks mondiaux de pétrole ont chuté à leur niveau le plus bas depuis un an au mois de juin. Cette baisse significative est attribuée à une demande soutenue et aux réductions de production mises en œuvre par l'Opep et ses alliés (Opep+).
Un déficit d'approvisionnement persistant
L'AIE estime que le marché pétrolier a connu un déficit d'approvisionnement d'environ 1,5 million de barils par jour (mbj) au deuxième trimestre 2026. Ce déséquilibre entre l'offre et la demande a exercé une pression à la hausse sur les cours du brut. Les stocks des pays de l'OCDE, qui représentent une part importante des réserves mondiales, ont diminué de 23,7 millions de barils en juin, pour s'établir à 2 805 millions de barils, soit environ 60 jours de consommation.
Demande mondiale record et production limitée
La demande mondiale de pétrole devrait atteindre un nouveau record en 2026, avec une croissance estimée à 1,8 mbj par rapport à l'année précédente, pour atteindre 104,2 mbj. Cette augmentation est principalement tirée par les économies émergentes, notamment la Chine et l'Inde. En parallèle, l'Opep+ maintient sa politique de réduction volontaire de la production, avec des coupes totalisant environ 5,8 mbj. L'AIE note que la production de l'Opep+ est restée globalement stable en juin, malgré une légère hausse de 0,1 mbj en provenance de l'Irak et du Nigeria.
Des prix sous tension
Cette situation de resserrement de l'offre a conduit à une hausse des prix du pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne, s'échangeait autour de 82 dollars le 21 juillet, en hausse de 15 % depuis le début de l'année. L'AIE prévient que les prix pourraient encore augmenter si la demande reste forte et si l'Opep+ ne relâche pas ses restrictions. "Les stocks mondiaux sont au plus bas depuis un an, ce qui rend le marché vulnérable à tout choc d'approvisionnement", a déclaré un porte-parole de l'AIE.
Réactions des marchés et perspectives
Les opérateurs de marché surveillent de près les prochaines décisions de l'Opep+, qui doit se réunir en août pour discuter de sa politique de production. Certains analystes estiment que l'alliance pourrait être contrainte d'augmenter son offre pour freiner la hausse des prix. "Si l'Opep+ ne répond pas à la demande croissante, nous pourrions voir les dépasser les 90 dollars le baril d'ici la fin de l'année", a commenté un analyste de Goldman Sachs. L'AIE appelle également à une vigilance accrue sur les investissements dans le secteur, afin d'éviter une pénurie à moyen terme.



