La frontière entre pétro-États et électro-États est de plus en plus floue, mais elle redéfinit les équilibres géopolitiques mondiaux. Selon une analyse de L'Express, cette distinction, autrefois claire entre pays exportateurs de pétrole et ceux dépendant des importations, s'estompe avec l'essor des énergies renouvelables et de l'électrification.
Une nouvelle carte énergétique
Les pétro-États, comme l'Arabie saoudite ou la Russie, ont longtemps dominé grâce à leurs réserves d'hydrocarbures. Cependant, la transition vers une économie bas-carbone favorise l'émergence d'électro-États, des nations qui contrôlent les technologies et les ressources nécessaires à la production d'électricité propre, comme les terres rares ou les batteries.
L'Express cite un expert : « La Chine est devenue un électro-État majeur, non seulement parce qu'elle produit des panneaux solaires et des batteries, mais aussi parce qu'elle contrôle les chaînes d'approvisionnement de ces technologies. » En 2023, la Chine détenait 80 % de la production mondiale de panneaux solaires et 70 % des batteries lithium-ion.
Des frontières poreuses
Pourtant, la frontière n'est pas hermétique. Des pétro-États comme les Émirats arabes unis investissent massivement dans les énergies renouvelables, tandis que des électro-États comme la Norvège restent de grands producteurs de pétrole. « Cette hybridation complique la lecture géopolitique », note l'article.
La donnée clé : en 2022, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 1 100 milliards de dollars, dépassant pour la première fois ceux dans les énergies fossiles, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Impact sur les relations internationales
Cette recomposition a des conséquences directes sur la diplomatie. Les pétro-États voient leur influence décliner face aux électro-États qui contrôlent les technologies de demain. L'Express rappelle que « la guerre en Ukraine a accéléré cette tendance, poussant l'Europe à diversifier ses sources d'énergie et à soutenir les renouvelables ».
Selon un rapport du Forum économique mondial, les pays qui possèdent des réserves de lithium, de cobalt ou de terres rares pourraient devenir les nouveaux pétro-États. Le Chili, l'Australie et la République démocratique du Congo sont ainsi courtisés.
Vers une nouvelle dépendance ?
L'Express met en garde contre le risque de remplacer une dépendance par une autre. « Si l'Europe se libère du gaz russe, elle risque de devenir dépendante de la Chine pour ses batteries et panneaux solaires », écrit l'hebdomadaire. La solution résiderait dans une diversification des sources et des technologies.
En conclusion, la frontière entre pétro-États et électro-États est bien réelle, mais mouvante. Elle dessine les contours d'un monde où le pouvoir ne se mesure plus en barils, mais en kilowattheures et en capacité d'innovation.



