Corse : projet italien d'éolien marin suscite de vives critiques
Projet italien d'éolien marin en Corse critiqué

Un projet italien de parc éolien marin, prévu à quelques kilomètres des côtes corses, suscite une vive opposition de la part des élus locaux et des défenseurs de l'environnement. Le projet, porté par une entreprise italienne, prévoit l'installation de 121 éoliennes en mer, à environ 15 kilomètres au large de la pointe sud de la Corse, dans la zone économique exclusive française.

Un projet contesté dès son annonce

Le projet a été dévoilé en juin 2026 par la société italienne Renexia, qui prévoit d'investir 6 milliards d'euros dans ce parc éolien. Selon le plan présenté, les éoliennes auraient une capacité totale de 1,2 GW, de quoi alimenter environ un million de foyers italiens. Cependant, les autorités corses et françaises n'ont pas été consultées en amont, ce qui a provoqué un tollé.

Le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a qualifié le projet de "violation de la souveraineté française" et a annoncé le dépôt d'un recours devant le tribunal administratif. "Nous ne pouvons accepter qu'un projet de cette envergure soit décidé sans l'avis des populations concernées et sans étude d'impact environnemental préalable", a-t-il déclaré.

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Des inquiétudes environnementales et économiques

Les opposants au projet mettent en avant les risques pour la biodiversité marine, notamment pour les cétacés et les oiseaux migrateurs. La zone concernée abrite des espèces protégées comme le grand dauphin et le balbuzard pêcheur. Selon une étude de l'Office français de la biodiversité, le site choisi est un corridor migratoire important pour plusieurs espèces.

Les pêcheurs corses s'inquiètent également de l'impact sur leurs activités. "C'est notre zone de pêche principale, cela mettrait en péril notre subsistance", a affirmé Jean-Paul Luccioni, président du comité régional des pêches. Le projet prévoit pourtant une zone d'exclusion de 500 mètres autour de chaque éolienne, ce qui réduirait de 30 % la surface de pêche disponible selon les professionnels.

Une réponse du gouvernement italien

Le gouvernement italien a répondu aux critiques en soulignant que le projet s'inscrit dans le cadre de la transition énergétique européenne. "L'Italie a besoin d'énergies renouvelables pour atteindre ses objectifs climatiques, et ce projet est crucial", a déclaré le ministre italien de la Transition écologique, Roberto Cingolani. Il a ajouté que des discussions étaient en cours avec les autorités françaises pour trouver un accord.

Cependant, la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a rappelé que "tout projet dans la zone économique exclusive française doit obtenir l'autorisation de l'État français". Elle a annoncé la saisine de la Commission européenne pour clarifier les règles de compétence.

Un précédent inquiétant

Ce n'est pas la première fois qu'un projet italien d'éolien marin suscite des tensions avec la France. En 2024, un projet similaire au large de la Sardaigne avait été abandonné après des protestations locales. Les élus corses craignent que ce précédent ne se répète, mais avec des conséquences plus graves en raison de la proximité des côtes.

Selon un sondage réalisé par l'Institut CSA pour le journal Corse-Matin, 78 % des Corses se disent opposés au projet. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 50 000 signatures. Les associations environnementales, comme France Nature Environnement, appellent à une moratoire sur tous les projets d'éolien marin en Méditerranée tant qu'une étude globale d'impact n'aura pas été réalisée.

Quelles suites possibles ?

Le dossier est désormais entre les mains des autorités françaises et européennes. La Commission européenne pourrait être amenée à trancher sur la compétence territoriale. En attendant, les élus corses demandent l'organisation d'un débat public sur le sujet. "Nous ne refusons pas l'éolien en mer, mais nous voulons qu'il soit fait dans le respect des populations et de l'environnement", a conclu Gilles Simeoni.

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