Valérie Pécresse alerte sur l'arrêt du Wallet Apple pour les titres Navigo
Pécresse redoute la fin du Wallet Apple pour les titres Navigo

La simplification, c'est compliqué. Deux ans après son lancement, juste avant les Jeux olympiques de Paris, l'intégration des titres de transport franciliens dans le « Wallet » des appareils Apple pourrait disparaître. C'est du moins ce que redoute Valérie Pécresse (LR), la présidente d'Île-de-France Mobilités (IDFM), dans un post publié lundi sur le réseau social LinkedIn.

Un succès menacé par une décision réglementaire

« C'est un vrai succès : un quart des achats passent par ce canal, soit des millions de tickets ou abonnements vendus chaque mois. Et pourtant, ce service risque de s'arrêter dans quelques semaines. Pourquoi ? Non pas parce qu'il est inefficace ou coûteux. Mais à cause d'un imbroglio réglementaire absurde, issu d'un contentieux porté par deux acteurs publics, soucieux de protéger leurs rentes : la RATP et la SNCF », a écrit l'élue.

La présidente de région anticipe les possibles conséquences d'une décision rendue en février par l'autorité de régulation des transports (ART). Celle-ci a tranché un long contentieux entre Île-de-France Mobilités, l'autorité organisatrice des transports, et les filiales numériques SNCF Connect et RATP Smart Systems. Au nom du respect de l'esprit de la loi d'orientation des mobilités (LOM), l'ART impose à l'organisme francilien de laisser les opérateurs vendre tous les titres Navigo (y compris le Liberté +) depuis leurs applications ou leurs sites, et de leur verser des commissions. IDFM a décidé de faire appel.

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Une bataille pour l'accès direct aux données clients

Valérie Pécresse anticipe déjà les effets des nouvelles contraintes sur le portefeuille numérique d'Apple, apprécié pour sa fluidité et sa simplicité. « Pour se mettre en conformité avec la décision de l'ART, explique l'élue, Apple devrait désormais proposer dans son "wallet" non pas un achat en quelques clics, mais, pour chaque ticket, une liste de vendeurs (comme RATP, SNCF ou Île-de-France Mobilités). Ensuite, l'utilisateur serait redirigé vers l'App Store pour télécharger l'application du vendeur, acheter son ticket en créant si nécessaire un compte, enregistrer sa carte bancaire (au lieu d'utiliser Apple Pay) afin de retrouver ensuite son billet dans le "wallet". »

L'ancienne ministre redoute la fin pure et simple de ce service, longuement développé et cofinancé par IDFM et Apple. Elle en appelle au gouvernement et a écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour qu'ils prennent un amendement en urgence, avant l'entrée en vigueur de la décision de l'ART, à partir du 20 août. « Si la loi sur les transports n'est pas modifiée d'ici l'été 2026, cela signera l'arrêt pur et simple de la vente de titres de transport via l'iPhone. Un vrai retour en arrière pour la billettique dans nos transports ! », ajoute-t-elle.

Une question d'équité entre concurrents

Contactés, ni SNCF Connect ni RATP Smart Systems ne souhaitent commenter un processus juridique toujours en cours d'instruction. Derrière cette bataille, c'est tout l'enjeu de l'accès direct et équitable aux données commerciales des clients qui se joue. IDFM estime qu'elle a financé et développé la billettique numérique, et qu'elle n'a pas à verser des commissions à des applications tierces.

L'ART met aussi en avant la distorsion de concurrence entre le géant Apple et ses potentiels concurrents. Pierre Galmiche, juriste en droit de la concurrence, y voit un rappel salutaire. « La décision de l'ART ne devrait pas empêcher l'accès à la simplicité de l'usage de l'iPhone. Cette décision permet de s'assurer qu'Apple ne phagocyte pas le marché de la vente de passes Navigo », commente-t-il.

La loi LOM de 2019 prévoit un accès numérique unifié pour tous les déplacements en France, du train au bus local. C'est ce que les spécialistes nomment le « MaaS » (Mobility as a Service), une sorte de guichet unique où tout se planifie et se paie en un clic, quel que soit le canal utilisé. Si elle est confirmée, la décision de l'ART pourrait s'appliquer à tous les réseaux de transports de France, avec à la clé « un accès plus simple et plus fluide » aux solutions de transports publics.

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