La France se prépare à une éventuelle pénurie de kérosène
La France ne signale actuellement aucune difficulté dans l'approvisionnement en kérosène pour les compagnies aériennes, mais elle pourrait libérer une partie de ses stocks stratégiques en cas de problèmes de volume. C'est ce qu'a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Énergie.
Aucune pénurie immédiate, mais des tensions croissantes
Sur BFMTV, Maud Bregeon a assuré qu'il n'y a aucune pénurie à l'heure où on se parle pour les carburants routiers. Concernant le kérosène, elle a reconnu qu'il existait davantage de tension, bien qu'aucune difficulté ne soit constatée pour le moment. Elle a rappelé que la France dispose de réserves stratégiques équivalant à environ une centaine de jours de carburant, qui pourraient être débloquées en cas de besoin.
Et d'ailleurs, ces stocks stratégiques sont initialement là pour pallier à des problèmes de volume et non pas à des problèmes de prix, a-t-elle précisé, soulignant que ces mesures ne visent pas à influencer les coûts, mais à garantir l'approvisionnement.
Dépendance européenne et contexte géopolitique
L'Europe importe habituellement la moitié de son kérosène depuis les pays du Golfe, ce qui la rend vulnérable aux perturbations. Depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l'Iran fin février, le détroit d'Ormuz, un passage clé pour près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures, est bloqué par Téhéran.
À Bruxelles, le commissaire européen Dan Jorgensen a averti que l'UE s'approchait très rapidement d'une potentielle crise d'approvisionnement, avec des risques de billets d'avion plus chers et d'annulations de vols cet été.
Appels à la coordination internationale
L'organisation professionnelle mondiale des compagnies aériennes, l'Iata, a appelé vendredi les autorités de régulation à se coordonner et à être transparentes en cas de nécessité d'un rationnement du kérosène, particulièrement en Europe. Cette situation met en lumière la fragilité des chaînes d'approvisionnement et la nécessité de plans d'urgence.
En résumé, bien que la France se tienne prête à agir, elle maintient une position ferme sur l'utilisation de ses réserves, réservées aux urgences de volume et non aux fluctuations de prix.



