Pour suivre l'électrification du parc automobile français, la plateforme BNP Paribas Mobility et l'ObSoCo (Observatoire Société & Consommation) ont publié, pour la deuxième année consécutive, un indicateur permettant de mesurer la transition vers l'électrique chez les particuliers, les industriels et dans les flottes d'entreprises. Pour ces dernières, l'évolution dépend de trois facteurs clés : la rentabilité des véhicules électriques sur quatre ans (un TCO favorable), la réglementation qui pousse au verdissement des flottes (Code de l'environnement) et la poursuite des engagements et politiques RSE au sein des entreprises.
Une progression plus rapide que chez les particuliers
Fondé sur plusieurs critères, cet indicateur de bascule des flottes vers la mobilité électrique a atteint 4,5/10 en 2025, soit une hausse de 0,5 point en un an. Cette progression est plus rapide que chez les particuliers, dont l'indicateur a augmenté de 0,3 point pour atteindre 4,9/10. La part des véhicules particuliers électriques neufs en entreprises est en effet passée de 14 % en 2024 à 24 % en 2025, soit une augmentation de 10 points, franchissant ainsi la barre des 100 000 voitures électriques immatriculées dans l'année. Cette performance est meilleure que chez les ménages, qui n'atteignent que 20 % des immatriculations en électrique.
Des freins persistent malgré des avancées
Pour autant, la mobilité zéro émission n'est pas encore devenue la norme dans toutes les flottes, où le taux de pénétration reste faible. En effet, seules 32 % des entreprises ont déclaré avoir adopté des véhicules électriques dans leur parc en 2025, contre 31 % en 2024, avec une plus forte concentration dans les entreprises déjà engagées, selon l'étude.
Côté finances, le TCO (coût total de détention) sur quatre ans devient légèrement plus avantageux pour le véhicule électrique que pour les thermiques, avec un ratio de 0,97/1. Cela constitue un argument économique fort pour les entreprises et explique en grande partie l'accélération de l'électrique dans les flottes.
Reste que l'écart de prix à l'achat en entrée de gamme demeure important, à + 55 % (contre + 44 % en 2024), et tend même à s'aggraver. Malgré la parité sur le TCO, l'investissement initial reste donc un frein. En ce qui concerne la recharge, le temps moyen sur bornes rapides en itinérance a baissé de 30 à 22 minutes, facilitant l'usage professionnel intensif. En revanche, le déploiement des bornes de recharge sur site stagne : seules 18 % des entreprises sont équipées, soit une augmentation d'un point par rapport à 2024.
Autonomie et recommandations
Autre écueil : la part des modèles offrant plus de 500 km d'autonomie reste minime, à 4 %, une contrainte pour les professionnels parcourant de longues distances quotidiennes. Pour soutenir l'effet de bascule, BNP Paribas Mobility et l'ObSoCo préconisent ainsi de stabiliser la fiscalité pour sécuriser les plans de verdissement des flottes et massifier l'installation de bornes sur les sites professionnels.
Indicateur construit autour de plusieurs composantes : l'adoption des véhicules électriques, les infrastructures de recharge (Irve), les coûts, les technologies, les réglementations et les politiques publiques.



