Trois réacteurs nucléaires ont été stoppés et huit autres tournent à puissance réduite ce dimanche 12 juillet en France, a annoncé EDF. Cette baisse de production découle de la vague de chaleur commencée le 4 juillet, qui a placé une partie du territoire en vigilance rouge canicule. Les fortes températures limitent les capacités de refroidissement des centrales fluviales, soumises à des seuils environnementaux fixés par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) pour protéger les écosystèmes aquatiques.
Les réacteurs concernés par les arrêts et réductions
Dans le détail, les réacteurs n°2 à Golfech (Garonne), n°3 à Bugey (Rhône) et n°2 à Chooz (Meuse) ont été arrêtés. Des « adaptations de puissance » ont touché les réacteurs n°1 et n°2 à Saint-Alban (Isère), n°1 et n°3 dans la centrale du Blayais (Gironde), n°4 et n°5 à Bugey, n°1 à Chooz et n°3 au Tricastin (Drôme), a précisé l'entreprise publique. La France compte 57 réacteurs nucléaires, assurant environ 70 % de sa production d'électricité, tous installés au bord d'un fleuve ou de la mer pour le refroidissement.
Pourquoi la chaleur force-t-elle ces mesures ?
Pour limiter les dégâts sur les écosystèmes aquatiques provoqués par la chaleur de l'eau rejetée par les centrales, l'ASNR fixe pour chaque site des limites de température de l'eau. Ces contraintes obligent EDF à abaisser, dans certaines circonstances, le niveau d'activité de ses centrales. Toute vague de chaleur, comme celle qui a débuté le 4 juillet, aboutit donc à une baisse de la production d'électricité nucléaire. Selon EDF, cette situation est le troisième pic de chaleur extrême de l'année.
Une dérogation exceptionnelle pour le Bugey
Samedi, le ministère de l'Économie a publié au Journal officiel une dérogation aux limites de température pour la centrale du Bugey, « afin d'assurer la sécurité du réseau électrique », jusqu'au 20 juillet. Cette dérogation, réclamée par EDF, invoquait les exigences de production du gestionnaire du réseau de transport d'électricité, RTE. L'exploitant proposait « une limite temporaire de 1 °C en matière d'échauffement de l'eau du Rhône entre l'amont et l'aval de la centrale nucléaire pendant cette situation exceptionnelle, assortie d'un programme de surveillance renforcée de l'environnement en rapport avec ces rejets », selon le courrier cité par le gouvernement.
Autre arrêt à Gravelines
Le réacteur n°4 de la centrale la plus puissante de France, Gravelines (Nord), a par ailleurs été arrêté temporairement dimanche pour une maintenance prévue, avant de redémarrer. Cet arrêt n'est pas lié à la canicule.



