A9 : les voitures électriques ont-elles enfin trouvé leur voie ?
A9 : les voitures électriques ont-elles enfin trouvé leur voie ?

Sur l’autoroute A9, l’électrification avance à grands pas. Avec 268 points de charge répartis sur 15 aires de services et 11 aires de repos, l’axe autoroutier permet désormais à des milliers de conducteurs de voyager en voiture électrique sans crainte de panne. Chaque jour, près de 5 250 véhicules électriques empruntent l’A9 en moyenne annuelle, un chiffre qui explose lors des grands départs estivaux.

Un réseau de bornes rapides et ultra-rapides

Vinci Autoroutes a accéléré le déploiement des infrastructures. Les 151 points de charge sur les aires de services et les 117 sur les aires de repos sont tous rapides ou ultra-rapides, avec une puissance allant jusqu’à 600 kW. « Il y a trois ans, aucune aire de repos n’était équipée. Aujourd’hui, nous continuons à densifier le maillage parce qu’il faut aller encore plus loin », explique Eric Sirot, directeur des opérations chez Vinci Autoroutes.

En pratique, les automobilistes restent en moyenne 26 minutes, le temps de faire passer leur batterie de 20 à 80 % – l’équivalent d’une pause déjeuner. Si très peu de véhicules exploitent pleinement les bornes de 600 kW, la majorité se recharge à des puissances plus modestes mais suffisantes pour une halte.

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Des incidents malgré la modernisation

Le réseau n’est pas exempt de problèmes. Pannes ponctuelles, forte chaleur, vols de câbles peuvent entraver l’usage. « Nous exigeons un taux de disponibilité de 98 %. Environ 5 % des bornes peuvent être indisponibles à un instant donné, mais globalement il n’y a pas de problème de disponibilité sur le réseau », assure Eric Sirot. La chaleur reste un défi : « Ce sont des matériels de haute technologie qui souffrent beaucoup de la chaleur. Il faudra adapter progressivement les équipements au changement climatique. »

Malgré cela, la fréquentation explose : trois millions de recharges ont été effectuées sur le réseau Vinci Autoroutes en 2025, soit une hausse de près de 50 % en un an.

Les « gilets bleus », anges gardiens des vacanciers

Sur les aires très fréquentées, des électro-équipiers en veste bleue aident les conducteurs. Philippe Cavalini, bénévole de la Fédération française des associations d’utilisateurs de véhicules électriques, explique : « Il y a des gens qui viennent d’acheter leur voiture ou qui en ont loué une. Ils ne savent pas comment utiliser les bornes. Nous sommes là pour les guider et éviter les erreurs. » Leur mission va de l’orientation vers la borne adaptée à la régulation des files d’attente. « Il faut les prendre par la main. Dans quelques années, ces missions disparaîtront sans doute, quand la voiture électrique sera devenue un réflexe. »

Des utilisateurs globalement satisfaits

Les témoignages recueillis sur l’A9 sont majoritairement positifs. « Je viens de Bordeaux, c’est la première fois que je prends l’A9 en électrique. Franchement, il y a largement assez de bornes et je n’ai eu aucun problème », indique Axel Pacou, propriétaire depuis six mois. Un conducteur belge, Jänsen, ajoute : « Il y a des bornes tous les 15 à 20 kilomètres. Il arrive qu’une borne soit en panne, mais on en trouve toujours une autre. » Une famille néerlandaise renchérit : « Il y a beaucoup plus de bornes disponibles ici que dans d’autres pays. »

Alors que les véhicules électriques gagnent les routes, l’A9 change de visage : les stations de recharge deviennent aussi incontournables que les pompes à essence, tandis que les « gilets bleus » accompagnent une transition encore en apprentissage. Une évolution qui laisse entrevoir un futur où, sur l’autoroute des vacances, l’autonomie ne sera plus un sujet… mais simplement une étape.

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