Le spectre du chômage plane sur la France
Tandis que le gouvernement prépare un plan d'économies de six milliards d'euros pour faire face aux conséquences des conflits internationaux, notamment la guerre en Iran et ses répercussions sur les taux d'intérêt qui alourdissent la dette française, une menace inquiétante refait surface : le retour du chômage. Cette perspective contraste fortement avec les succès enregistrés en matière d'emploi depuis 2017, domaine où Emmanuel Macron avait placé le travail au cœur de ses priorités.
Une promesse de plein-emploi mise à mal
Après sa réélection en 2022, le président s'était fixé un objectif ambitieux : conduire la France vers le plein-emploi en abaissant le taux de chômage à 5%. Or, cette promesse apparaît aujourd'hui sérieusement compromise. Le taux de chômage, désormais établi à 7,9%, suit une trajectoire ascendante préoccupante.
Certes, les entreprises françaises prévoient encore 2,3 millions de recrutements pour 2026, un volume qui reste conséquent. Cependant, ce chiffre représente une diminution de 6,5% par rapport aux projections pour 2025. Plus inquiétant encore, il ne s'agit pas d'un simple ralentissement ponctuel. Pour la quatrième année consécutive, le nombre de recrutements affiche une baisse continue, signalant une tendance structurelle défavorable.
L'impact des crises internationales
La situation géopolitique mondiale n'est évidemment pas étrangère à ce recul. La guerre en Ukraine, qui dure depuis quatre ans, a mis l'économie mondiale sous tension. L'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février contre l'Iran n'a fait qu'aggraver la situation, provoquant une nouvelle crise énergétique majeure dont les effets devraient persister bien au-delà de quelques semaines.
Résultat, le brouillard dans lequel évoluent les entreprises françaises ne semble pas prêt à se dissiper. Au-delà des conflits en cours et de leurs dommages collatéraux sur les prix des carburants notamment, le retour du chômage ne peut être dissocié de la situation politique intérieure française.
Les conséquences de la dissolution manquée
La dissolution de 2024, qui devait initialement créer un big bang politique, s'est finalement transformée en boomerang pour Emmanuel Macron. Le président est passé d'une majorité relative à une absence de majorité claire, perdant ainsi le contrôle de son second quinquennat. La présence de Sébastien Lecornu à Matignon, bien qu'il soit un proche du président, ne suffit pas à sauver les apparences.
Pour doter le pays d'un budget viable, le gouvernement n'a eu d'autre choix que de mettre en pause la réforme des retraites, remisant ce totem politique au grenier. Un constat s'impose : avec la dissolution, toute capacité réformatrice significative s'est envolée. Or, cette remontée du chômage risque de demander des solutions bien plus complexes que de simples incantations politiques.
À un an de la fin de ce quinquennat, un mot résume la situation : gâchis. La promesse de plein-emploi, autrefois présentée comme un horizon atteignable, s'éloigne chaque jour un peu plus dans le contexte de crises multiples et d'impasse politique.



