Figure de l’insertion des jeunes en Cœur d’Hérault, Anne Merlin-Calzia quitte la direction de la Mission locale après un quart de siècle d’engagement. Une structure qui accompagne aujourd’hui près de 1 800 jeunes par an.
Un quart de siècle au service de la jeunesse
En 25 ans, 37 000 jeunes ont franchi les portes de la Mission Locale Jeunes du Cœur d’Hérault. Une aventure que sa directrice, Anne Merlin-Calzia, s’apprête à quitter pour une retraite bien méritée. Elle avait commencé sa carrière sociale dans les quartiers nord de Marseille puis dans les Alpes Maritimes avant de découvrir le Cœur d’Hérault. “À l’époque il n’y avait que 59 000 habitants dans le territoire. Au départ, nous étions trois personnes, j’étais à la fois directrice et conseillère”, se rappelle-t-elle. 25 ans plus tard, le Pays Cœur d’Hérault (plus le Grand Orb) compte plus de 100 000 habitants. À l’heure de tourner la dernière page de sa carrière, Anne Merlin-Calzia quitte une structure qui comprend aujourd’hui 26 personnes et a su multiplier les partenariats.
Une jeunesse diplômée en quête de repères
Confiant être “toujours habitée par l’objet de la MLJ”, elle en précise l’objectif : proposer un accompagnement personnalisé aux jeunes pour faciliter leur entrée dans la vie active et leur donner une totale autonomie sociale. “Le gros des actions c’est, premièrement, d’offrir aux jeunes l’accès aux droits. S’ils ne les connaissent pas, ils ne peuvent pas les demander (logement, santé, formation, connaissances des besoins des entreprises…). L’accès à l’information est ouvert à tous, mais, en zone rurale, il n’est pas toujours évident. Avec nos partenaires, on donne les informations de première nécessité.”
Elle dresse le tableau d’un territoire où, selon les estimations : “il y a entre 1 700 et 2 000 jeunes NEET (Ni en étude, ni en emploi, ni en formation, ni en travail), c’est pratiquement le nombre de personnes que nous suivons.” Parallèlement, “12 % des jeunes que l’on reçoit pour la première fois ont bac plus 3 ou plus. Dans les années 2010 c’était seulement 4 %. Cette période de 16 à 25 ans, c’est une période de mobilité statutaire, il faut que les adultes s’en rendent compte”, insiste-t-elle.
Faire bouger les lignes
Financée à 70 % par l’État, la structure doit développer des politiques publiques “et les élus locaux, qui composent majoritairement le conseil d’administration, ont à cœur que les actions aient un retentissement sur le territoire”. Au fil de toutes ces années, Anne Merlin-Calzia a su rester fidèle à une certaine idée de l’action sociale : “Je voulais pouvoir, avec un élu, promouvoir et créer des choses qui n’existaient pas, au profit d’une population. Je voulais faire bouger les lignes, apporter un plus. C’était ça ou je faisais de la politique”, confie-t-elle.
Après Robert Lecou (ancien député de l’Hérault et maire de Lodève), Jean-Claude Lacroix (maire de Ceyras qui fut président de la CCC) avait passé le relais à la conseillère départementale Marie Passieux. Présidente depuis 2014, elle transmet aujourd’hui ce bel “héritage” à Félicien Venot, maire de Roqueredonde.
“Nous sommes récompensés de tous ces efforts”
Marie Passieux tourne la page après deux mandats. “J’ai toujours eu à cœur de redonner aux jeunes confiance dans l’avenir. Croire dans leurs capacités, reconnaître qu’ils ont plein de projets, plein d’ambition pour eux-mêmes et pour la société est mon fil rouge”, témoigne l’élue, ancienne enseignante. Parmi les dispositifs innovants mis en place par la MLJ, elle souligne la création d’un collectif de “Jeunes en scènes qui, depuis 2023, s’organise pour se produire”, la création d’une action de découverte des métiers de l’agriculture ou l’espace Initiatives et entrepreneuriat des jeunes grâce auquel “on les aide à réaliser leurs ambitions. Nous sommes aujourd’hui récompensés car les jeunes des Groupement de créateurs participent à des prix. En 2024, ‘Ambre’ a remporté un prix national pour son projet de salon de tatouage. Chaque année, en Cœur d’Hérault, une trentaine de jeunes ouvrent leur entreprise”.
Lever des barrières, ouvrir le champ de possibles, créer des vocations : les missions de la MLJ sont vastes et elles se poursuivent. Côté direction, Franck Mico remplace Anne Merlin-Calzia qui part en retraite.



