Dans une tribune publiée par Libération, des économistes alertent sur un danger souvent négligé de l'intelligence artificielle (IA) : la hausse des inégalités entre les travailleurs. Si les craintes se concentrent généralement sur le chômage de masse, les auteurs estiment que l'impact le plus profond pourrait être une polarisation accrue du marché du travail.
Un risque de polarisation
Selon eux, l'IA tend à remplacer les tâches routinières et intermédiaires, ce qui profite aux travailleurs hautement qualifiés capables de compléter la technologie, tandis que les moins qualifiés voient leurs perspectives se détériorer. Ce phénomène, déjà observé lors des révolutions industrielles précédentes, pourrait s'accélérer avec l'IA.
Des gagnants et des perdants
Les auteurs citent des études montrant que l'IA augmente la productivité des travailleurs qualifiés, creusant l'écart avec les autres. Les métiers administratifs, la comptabilité ou encore la traduction sont particulièrement menacés. En revanche, les emplois nécessitant des compétences sociales, créatives ou manuelles complexes pourraient résister.
Des politiques nécessaires
Pour éviter une fracture sociale, les économistes recommandent des investissements massifs dans la formation continue, une refonte des systèmes de protection sociale et une fiscalité plus progressive sur les revenus du capital. Ils appellent également à un débat démocratique sur l'orientation de l'innovation technologique.
En conclusion, la tribune insiste sur l'urgence d'agir : sans régulation, l'IA pourrait exacerber les inégalités déjà existantes, menaçant la cohésion sociale. Les décideurs politiques doivent anticiper ces bouleversements pour que les bénéfices de l'IA soient partagés par tous.



