La CPME propose une baisse dégressive des allocations chômage pour tous les demandeurs d'emploi
CPME: allocations chômage dégressives pour tous les chômeurs

La CPME relance le débat sur la dégressivité des allocations chômage

Les partenaires sociaux se réunissent ce mercredi pour une nouvelle séance de négociation cruciale sur l'assurance chômage. Dans un contexte où le taux de chômage est resté stable à 7,5% au dernier trimestre 2023, selon l'Insee, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) propose une mesure radicale pour réaliser des économies.

Une proposition pour étendre la dégressivité à tous les chômeurs

Actuellement, seuls les cadres percevant au moins 4 500 euros bruts mensuels subissent une baisse de 30% de leur allocation après six mois de chômage. La CPME souhaite élargir cette règle à l'ensemble des demandeurs d'emploi, arguant que cela permettrait d'économiser jusqu'à 1 milliard d'euros, dépassant ainsi l'objectif de 400 millions fixé par le gouvernement.

Cette initiative intervient alors que les discussions doivent aboutir dans un délai de deux semaines. Le patronat, représenté par la CPME, insiste pour inclure cette mesure dans les négociations, tandis que les syndicats adoptent des positions divergentes.

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Réactions syndicales et autres pistes sur la table

La CFE-CGC, syndicat des cadres, se montre ouverte à cette proposition, estimant qu'elle éviterait de stigmatiser une catégorie spécifique de travailleurs. En revanche, la CFDT exprime des réserves, préférant se concentrer sur les ruptures conventionnelles. Elle accepterait éventuellement une dégressivité limitée aux salariés ayant signé ce type de rupture.

D'autres mesures sont également envisagées pour réduire les dépenses, notamment :

  • Renforcer les contrôles et durcir les sanctions pour les chômeurs ne recherchant pas activement un emploi après une rupture conventionnelle.
  • Limiter les ruptures conventionnelles répétées sur une courte période.
  • Instaurer un délai de carence avant le versement des allocations chômage.

L'impact économique des ruptures conventionnelles

Le gouvernement a mis l'accent sur les ruptures conventionnelles, dénonçant des abus potentiels. En 2024, ces ruptures ont généré 9,4 milliards d'euros de dépenses d'allocations chômage, soit 26% du total, selon l'Unédic. Ce dispositif, qui permet une séparation à l'amiable d'un CDI, est souvent utilisé comme alternative à une démission.

Par ailleurs, les syndicats souhaitent aborder la question des contrats courts, critiquant le système de bonus-malus instauré en 2019. Une évaluation récente de l'Unédic a montré son rôle limité dans la réduction du recours aux contrats précaires.

Les négociations se poursuivent dans un climat tendu, avec des enjeux financiers et sociaux majeurs pour l'avenir de l'assurance chômage en France.

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