La SAM Coty-Lancaster, filiale monégasque du groupe américain Coty, va supprimer 14 emplois au sein de son pôle recherche et développement. Cette décision fait suite à des difficultés structurelles et financières, après avoir déjà supprimé 24 postes dans son usine en 2019.
Un plan social justifié par la fin d'un accord de licence
Les collaborateurs concernés ont été informés courant mars, et les négociations se sont achevées fin avril. La direction explique que ces changements reflètent l'évolution des activités de R&D en soins pour la peau, à la suite de la fin de l'accord de licence avec la marque Orveda. Cette marque, fondée par l'ancienne directrice générale de Coty Sue Nabi, a quitté le groupe en même temps que sa dirigeante, entraînant une réduction significative du pipeline d'innovations à venir, y compris pour Lancaster. Cela se traduit par une baisse durable de la charge de travail dans plusieurs équipes R&D à Monaco.
Des salariés en colère et anxieux
Si la direction assure accompagner les employés et mettre en place des mesures de soutien, de nombreux salariés expriment colère et incompréhension. L'un d'eux déplore une gestion humaine très mauvaise, notamment sur le timing des annonces : il a été prévenu de son entretien seulement 13 minutes avant la réunion. Il affirme également avoir reçu des actions qu'il ne voulait pas en guise de prime, dont la valeur a chuté de 4 à 2 euros. Une autre employée, visée par le plan social, a été prévenue 20 minutes à l'avance, pendant sa pause déjeuner, sans explication claire. Elle souligne que ses problèmes de santé se sont aggravés depuis. Une troisième collaboratrice juge la méthode très anxiogène pour tous.
Inquiétudes sur la pérennité du groupe
Plus largement, la pérennité de Coty-Lancaster est remise en question. Un salarié rappelle la perte de la licence Gucci et craint que d'autres marques comme Boss et Burberry ne suivent, rendant le site de Monaco non rentable. Il anticipe un nouveau plan social sur les lignes de production. La direction, elle, assure que Monaco reste un site patrimonial clé et un centre d'excellence en soins de la peau.
Situation financière difficile
Le groupe Coty est dans le rouge avec une perte nette de 381 millions de dollars pour l'exercice 2024-2025. Au premier trimestre 2025-2026, le bénéfice net a chuté de 19 % à 64,6 millions de dollars, et le chiffre d'affaires a baissé de 6 % à 1,58 milliard. Le cours en Bourse a chuté de 38 % sur six mois. Pour redresser la barre, Coty mise sur Markus Strobel, son nouveau PDG par intérim depuis janvier.
Ce plan social n'est pas isolé à Monaco : la semaine dernière, les employés de Novares ont manifesté contre un plan social prévoyant cinq licenciements.



