L'apprentissage recule : un symbole de la crise de l'emploi
Apprentissage : recul persistant, symbole de la crise

Un recul historique de l'apprentissage en 2026

Selon les données publiées par le ministère du Travail le 8 juillet 2026, le nombre de contrats d'apprentissage signés en France a atteint 320 000 au premier semestre 2026, soit une baisse de 12 % par rapport à la même période en 2025. Ce chiffre confirme une tendance à la baisse entamée fin 2025, après une période de croissance soutenue post-Covid.

Le ministre du Travail, Jean Dupont, a qualifié cette situation de "préoccupante" et a souligné que "l'apprentissage est un indicateur avancé de la santé du marché de l'emploi". Il a ajouté : "Nous devons agir rapidement pour inverser cette tendance, car l'apprentissage est une voie d'excellence pour l'insertion professionnelle des jeunes."

Les secteurs les plus touchés

La baisse est particulièrement marquée dans les secteurs de l'hôtellerie-restauration (-18 %), de la construction (-15 %) et du commerce de détail (-14 %). Seuls les secteurs du numérique et de la santé enregistrent une légère hausse, respectivement de 3 % et 2 %.

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Les régions les plus affectées sont l'Île-de-France (-16 %), l'Auvergne-Rhône-Alpes (-13 %) et la Nouvelle-Aquitaine (-11 %). Les petites et moyennes entreprises (PME), qui représentent 70 % des recruteurs en apprentissage, sont les plus réticentes à embaucher, en raison de l'incertitude économique.

Les causes du déclin

Plusieurs facteurs expliquent ce recul. La hausse des coûts salariaux, liée à l'inflation et à l'augmentation du Smic, a dissuadé certains employeurs. Par ailleurs, les réformes des aides publiques, notamment la baisse des primes à l'embauche pour les apprentis, ont réduit l'attractivité du dispositif.

Selon une étude de la Dares, le nombre d'offres d'emploi en apprentissage a chuté de 25 % au premier trimestre 2026, tandis que le nombre de candidats a augmenté de 8 %, creusant le déséquilibre entre l'offre et la demande.

Conséquences pour les jeunes et l'économie

Cette baisse de l'apprentissage a des répercussions directes sur l'emploi des jeunes. Le taux de chômage des 16-25 ans est passé de 15,2 % en 2025 à 16,8 % en juin 2026, selon l'Insee. Les experts estiment que chaque contrat d'apprentissage non signé représente une perte de chance pour l'insertion durable d'un jeune.

À plus long terme, la pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans des secteurs clés comme la construction ou l'industrie pourrait freiner la reprise économique. Le gouvernement envisage de nouvelles mesures, dont un renforcement des aides aux PME et une campagne de communication pour valoriser l'apprentissage.

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