Ce mardi, la Fédération de l'épicerie et du commerce de proximité (FECP) déploie une campagne intitulée « -18, ça passe pas » dans 5.000 magasins adhérents. L'objectif est de « renforcer le respect de l'interdiction de la vente d'alcool aux mineurs » tout en accompagnant les professionnels, selon un communiqué de la fédération.
Une réponse à des tests alarmants
Cette initiative fait suite à des tests réalisés en 2025 par l'association Addictions France. L'enquête, menée dans des commerces de petite et grande distribution à Angers, Nantes et Rennes, avait révélé que près de neuf commerces sur dix enfreignent la loi en vendant de l'alcool à des mineurs.
« Cette campagne répond à une demande forte du terrain », explique Virginie Grimault, déléguée générale de la FECP, citée dans le dossier de presse. Elle vise notamment à « dédramatiser l'exigence de la pièce d'identité » auprès du grand public.
Un soutien aux salariés face à des situations délicates
La campagne s'adresse aussi aux salariés. Benoît Soury, président de la FECP, souligne dans un communiqué : « Notre responsabilité est d'aider les équipes à appliquer sereinement une règle essentielle de protection des mineurs. » Il ajoute que l'application de la loi, « pourtant simple en apparence, peut donner lieu à des situations délicates ».
La campagne se déploie dans les réseaux d'enseignes adhérentes de la FECP, notamment Carrefour Proximité, Casino, Franprix, U Proximité France et Francap (Coccinelle, G20…).
Un livret pédagogique et des formations
Un livret pédagogique est mis à disposition des commerçants. Il apporte des « réponses concrètes » face aux situations les plus fréquentes, comme la contestation d'un client ou l'achat pour autrui, et donne « les bons réflexes à adopter en cas de tension », selon la FECP.
L'initiative est « complétée par les formations existantes, intégralement prises en charge par la branche professionnelle, et un site dédié (capassepas.fr) », précise la fédération.
Un contexte marqué par une condamnation récente
En septembre, le discounter Lidl a été condamné définitivement par la justice française pour avoir vendu de l'alcool à un mineur, décédé en 2021. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du distributeur, qui avait été condamné en appel en juillet 2024 à une amende de 5.000 euros pour avoir vendu de la vodka à un adolescent de 16 ans, mort dans un accident de scooter.



