Jusqu'à 40 000 festivaliers par jour sont attendus à Rock en Seine, de ce mercredi à dimanche. Derrière chaque hot-dog et chaque barquette de frites, une préparation millimétrée se cache. Nina Metoudi, propriétaire du restaurant Nissi, pense en pains, en sauces, en personnel et en espaces de stockage pendant que les festivaliers n'ont pas encore glissé leur batterie externe dans leur sac. « Faire dans un restaurant et le faire pour des centaines de personnes par jour, ce n'est pas la même chose », explique la cheffe.
Une logistique complexe derrière une recette simple
Derrière une recette qui peut sembler simple dans un restaurant se cache une logistique autrement complexe sur un stand : il faut produire rapidement, maintenir une qualité constante et anticiper des volumes difficiles à prévoir. Dès sa première participation, en 2025, Nina Metoudi retient une leçon essentielle : pendant un festival, mieux vaut aller à l'essentiel et sa carte de street food levantine est trop élaborée pour s'adapter à ce monde-ci.
Cette année, il sera donc possible de retrouver à son stand le hot-dog à la sauce Nissi. « C'est un produit qui est hypersimple à faire. J'ai la chance d'avoir de très bons fournisseurs et une vraie qualité. Et je peux m'amuser à l'adapter au fur et à mesure de l'endroit où je suis », précise-t-elle. « Les gens veulent des choses qu'ils reconnaissent, qui soient rassurantes… Rock en Seine reste un festival de musique, pas un festival de gastronomie. »
Des « machines de guerre »… mais en musique
À cette préparation s'ajoute une épreuve physique : tenir un stand pendant cinq jours signifie enchaîner de longues journées, rester debout pendant des heures et affronter les moments d'afflux, souvent entre deux concerts. « Je sais que je vais être une machine de guerre », lance Nina Metoudi. Pendant l'événement, elle fonctionne presque en « pilote automatique ». La fatigue, elle, arrive souvent une fois les portes refermées. « Après, je me prévois quelques jours de repos », précise-t-elle, consciente que le contrecoup ne concerne pas uniquement la patronne, mais toute son équipe.
Pour ces événements, la restauratrice travaille notamment avec de jeunes employés et tient aussi à ce qu'ils profitent. « Mon but, c'est aussi de leur dire : "O.K., moi je te remplace, va faire un tour dans le festival, profite, tu reviens tout à l'heure." » Du boulot certes, mais en musique. « On va dans ce genre d'événement pour kiffer aussi », souligne-t-elle.
Faire face aux imprévus, le maître-mot
À Rock en Seine, tout ne peut pas être anticipé. La météo (prévoyez vos bottes de pluie d'ailleurs), l'affluence ou les habitudes des festivaliers peuvent bouleverser les prévisions les plus précises. Face aux imprévus, la jeune femme mise donc sur le système D : « Je vois ce genre d'événements comme des missions. J'ai une entreprise et je gère mon entreprise », explique-t-elle. Son mot d'ordre : « trouver des solutions ».
L'année dernière, lorsqu'elle a voulu modifier rapidement les informations affichées sur son stand, pas question de commander une nouvelle signalétique. « J'ai pris un carton et j'ai écrit dessus en gros avec un marqueur, un peu à l'arrache », raconte-t-elle. Une méthode rudimentaire, mais efficace : les festivaliers comprennent immédiatement l'information et le service peut continuer.
Et derrière cette adaptation constante, une autre réalité se cache : « Entre commerçants, en général, il y a une ambiance de dingue. Ils s'entraident énormément et ça fait trop plaisir », raconte-t-elle. Preuve qu'à Rock en Seine, la vraie performance ne se jouera pas seulement sur la grande scène ces cinq prochains jours, mais aussi derrière les comptoirs.



