Natalité : le smartphone, coupable de la chute des naissances ?
Natalité : le smartphone responsable de la chute des naissances ?

Le smartphone, accusé de la chute de la natalité mondiale

Voilà des lustres que les démographes du monde entier s'interrogent sur une question cruciale pour l'avenir de nos sociétés : pourquoi les humains ont-ils perdu le désir d'enfanter ? Quelle pulsion nous a-t-elle saisis pour que, dans plus des deux tiers des 195 pays, le nombre de naissances soit désormais insuffisant pour maintenir la population ?

Le mystère s'est encore épaissi ces dernières années, car ce sont les pays à revenu intermédiaire qui plongent le plus. Le Mexique, la Tunisie ou le Sri Lanka font aujourd'hui moins d'enfants que les États-Unis. Dans certaines villes d'Inde, on compte moins d'un enfant par femme.

Les explications traditionnelles insuffisantes

On connaît les explications classiques : la difficulté à se loger pour les jeunes couples en zone urbaine, les obstacles de carrière pour les mères, le manque de modes de garde, les incitations fiscales faméliques. Mais aucune de ces causes n'explique totalement ce mouvement universel et son ampleur, encore moins son accélération brutale.

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Une corrélation troublante avec la 4G

Deux chercheurs de l'université de Cincinnati, Nathan Hudon et Hernan Moscoso-Boedo, ont identifié une concomitance frappante, rapportée par le Financial Times. Ils ont cartographié le déploiement des réseaux 4G et comparé ces données à l'évolution des naissances au niveau régional. Résultat : les territoires couverts en haut débit en premier ont vu leurs naissances chuter... en premier.

Les taux de natalité américains, britanniques et australiens, stables au début des années 2000, ont commencé à plonger en 2007, année de sortie de l'iPhone. En France et en Pologne, l'inflexion date de 2009, quand le smartphone s'est enraciné. Au Mexique et en Indonésie, c'est 2012. Au Ghana, au Nigeria, au Sénégal, la fécondité a décroché entre 2013 et 2015. Dans tous les pays, la simultanéité est parfaite entre l'arrivée du petit écran et la disparition des bébés.

Un changement dans la nature des relations

Ce n'est pas parce que les couples se mettent au lit avec leur portable que leur appétit de procréer s'évanouit. L'addiction aux écrans n'est pas en cause. C'est la nature même des relations de couple qui a changé. La socialisation se fait désormais en grande partie à distance, par messages. Dans les pays les plus connectés comme la Corée, le temps de rencontre physique entre jeunes adultes a été divisé par deux.

Les réseaux sociaux ne réduisent pas seulement le temps disponible. Ils reconfigurent les attentes, en les formatant sur le monde virtuel de TikTok ou Instagram, ce qui creuse l'écart entre les sexes et amplifie les frustrations, surtout dans les cultures traditionnelles où les femmes ont un rôle plus étroit dans le réel que sur les réseaux.

La chute des appariements

La baisse de fécondité serait la conséquence de la chute des appariements, phénomène spectaculaire. En 2025, seulement la moitié des 25-34 ans vivaient en couple dans les pays occidentaux, contre deux tiers en 1993. La décrue est encore plus prononcée au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Asie. Les femmes qui ont des enfants aujourd'hui n'en ont pas moins que leurs aînées, elles sont juste beaucoup moins nombreuses. Un couple fraîchement installé a désormais plus de probabilité de se séparer que de faire un bébé. Et le coupable de ce séisme qui menace la croissance et nos modèles sociaux se trouve dans notre poche.

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