Inflation : chocolat, beurre, yaourt… nos courses vont-elles devenir encore plus chères ?
Installée, l’inflation continue de grignoter le pouvoir d’achat des Azuréens. Selon les projections, une nouvelle hausse des prix pourrait arriver…
« C’est simple, le chocolat ce n’est plus toutes les semaines », confie Agnès, Carrossoise de 68 ans. Faire les courses depuis quatre ans, c’est surtout procéder à des arbitrages. À la sortie du Carrefour Nice Lingostière, les chariots qui débordent se font rares. S’ils se remplissent, c’est surtout de promotions. Corinne, 50 ans, aide-soignante, attend des amis pour le week-end de l’Ascension : elle a acheté quatre packs de soda, deux packs de bière et quelques chips grâce à des offres promotionnelles. « Il y avait des offres avec le deuxième à moitié prix. À chaque fois que je reçois du monde, je fais toujours un tour ici », indique-t-elle. Avec deux grands enfants, son budget est serré, et elle n’est pas la seule.
Avec un indice des prix à la consommation qui a augmenté de 2,2 % sur un an (contre 1,7 % en mars), la marge de manœuvre des consommateurs reste réduite. Les produits frais viennent de subir une nouvelle augmentation de 2 % en avril, contre 1,4 % le mois précédent.
Les stratégies des consommateurs face à la hausse
Jean-Marc, jeune retraité, épluche son ticket de caisse en poussant son chariot. « J’ai le temps, alors je fais attention aux prix, aux offres sur les applis. Je ne vais pas qu’ici pour mes achats. Je fais aussi une partie à Lidl Gattières. » Son astuce : cumuler des points, des bonus, les transformer en bons d’achat. « Au final, quelques centimes, voire quelques euros, ça fait la différence », estime-t-il.
Les tensions au Moyen-Orient, un facteur de risque
À quoi doit-on s’attendre dans les prochains mois ? À une potentielle nouvelle inflation dans les rayons, selon Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir). « Les tensions au Moyen-Orient constituent un facteur de risque majeur pour les prix alimentaires ces prochains mois », prévient l’association. Le scénario le plus probable à moyen terme n’est pas une flambée brutale comme en 2022, mais une reprise progressive de l’inflation alimentaire, de l’ordre de 4 à 5 % supplémentaires. Les produits affectés en premier pourraient être ceux à délais de fabrication courts, comme le rayon crémerie, tandis que les rayons d’épicerie, droguerie et hygiène pourraient être impactés à plus long terme.
Notre panier de l’inflation : des hausses spectaculaires
Depuis bientôt cinq ans, l’inflation impacte les produits du quotidien. La rédaction de Nice-Matin a relevé les prix de onze articles courants de marque nationale dans différentes enseignes des Alpes-Maritimes. Résultat : une hausse de 21 % à 24 % sur le ticket de caisse selon les magasins. Le prix des yaourts nature a bondi : notre pack de douze pots affiche une hausse entre 69 et 100 %. En six mois, entre juin 2022 et janvier 2023, ce produit a augmenté de dix centimes dans une enseigne de Nice Ouest et de 45 centimes dans un supermarché de Saint-Laurent-du-Var. La brique de lait demi-écrémé a doublé son tarif. Et une nouvelle hausse des produits laitiers est à craindre : Lactalis a annoncé vouloir répercuter l’impact du conflit au Moyen-Orient sur ses tarifs, en raison de la hausse des coûts de l’énergie. Si les conditions tarifaires pour 2026 ont déjà été négociées cet hiver, la menace d’une réouverture des discussions plane.
Les pâtes, produit d’appel stable
Dans notre comparatif, le sucre affiche une hausse de 46 à 77 %, l’huile d’olive de 24 à 61 %, le chocolat de 46 à 66 %, et le beurre de 28 à 31 %. Point rassurant : les spaghettis demeurent sous l’euro symbolique, certains observateurs attribuant cette stabilité au pouvoir du paquet de pâtes comme produit d’appel primordial dans une stratégie tournée vers le pouvoir d’achat.



