Ce samedi 2 mai 2026, une vingtaine de manifestants se sont rassemblés à Nice pour protester contre l'inflation. Le cortège, parti de la place Garibaldi, a rejoint la place Masséna. Majoritairement composé de « gilets jaunes », le groupe dénonce la hausse des prix qu'il attribue à « l'État voyou » et à l'Union européenne.
Un appel à la mobilisation peu suivi
L'appel à manifester n'a pas attiré les foules. Au lendemain des défilés syndicaux qui avaient réuni un millier de personnes à Nice, ce rassemblement contre la vie chère n'a pas dépassé vingt participants. Les manifestants, bien que se revendiquant apartisans, reprennent des discours souverainistes et d'extrême droite.
Des revendications radicales
Jean Paul, 72 ans, retraité de la manutention, s'indigne : « Quand on s'est mobilisés la première fois il y a bientôt huit ans, l'essence était à 1,50 euro. Aujourd'hui, on dépasse les 2,10 euros. Où sont les gens ? » Il interpelle les terrasses bondées : « Levez-vous ! Vous avez encore de l'argent pour aller au resto ? » Selon lui, ces « indifférents-méprisants sont biberonnés aux aides de l'État. Il faudrait couper toutes les primes. Que les gens crèvent la dalle. Là, ils sortiraient dans la rue. »
D'autres manifestants ajoutent : « Réveillez-vous, il faut sortir de l'Europe, s'affranchir de Bruxelles, revenir au franc. Les salaires ne suivent plus ! » Laurent, 58 ans, travaillant dans le bâtiment, fustige « la pompe à fric de l'État. Il faut baisser les impôts, notamment la TVA. » Interrogé sur la dégradation des services publics, il répond : « La dette est trop lourde. Où vont nos impôts ? » Pour Gabrielle, 63 ans, propriétaire et employée d'une grande surface, l'argent sert à « entretenir le train de vie des élus » et à « loger les étrangers dans des hôtels ». Elle précise : « Je ne suis pas raciste », avant d'ajouter « Les Français d'abord ».
Béatrice, 62 ans, notaire ayant fait faillite, dénonce « ceux qui vivent au crochet de l'État ». Elle priorise « la chasse à la fraude sociale » plutôt que la taxation des superprofits ou la lutte contre l'évasion fiscale.
Des chiffres contestés
La manifestation s'est achevée place Masséna, au milieu des touristes. À noter que la TVA représente 20 % du prix des carburants et 35,4 % des recettes fiscales brutes de l'État. Par ailleurs, la fraude fiscale coûte entre 80 et 120 milliards d'euros par an à l'État, contre 13 milliards pour la fraude sociale, dont la moitié pour travail dissimulé.



