Food-truck Loudaqui : résilience après l'incendie de l'Oustal Fonzes
Food-truck Loudaqui : résilience après incendie Oustal

Le 1er juillet 2026, Martin de Lapoyade et sa compagne Méline Renard ont ouvert leur food-truck baptisé Loudaqui, rue de la Font-du-Portal, face à la tour de Saint-Guilhem-le-Désert. Ce projet est né des cendres de l'Oustal Fonzes, le restaurant centenaire de la famille, ravagé par un incendie dans la nuit du 2 au 3 août 2025.

Un food-truck pour ne pas baisser les bras

« En attendant de pouvoir rouvrir notre restaurant, j’ai décidé de ne pas baisser les bras et de créer mon propre food-truck : Loudaqui », explique Martin de Lapoyade. Le véhicule est ouvert tous les jours, midi et soir, jusqu’au 31 août. Au menu : sandwichs pitas, smashs burger, frites et desserts faits maison. La mairie a autorisé à titre exceptionnel cet emplacement, compte tenu du contexte difficile que traverse l’Oustal depuis onze mois.

Céline Nurit, propriétaire et mère de Martin, confie : « Je suis impressionnée par la détermination de mon fils qui a eu le courage d’ouvrir un food-truck avec Méline Renard, pratiquement en face des ruines de l’Oustal Fonzes dans lequel il vivait depuis ses cinq ans. Il en aura trente cette année. Les clients nous demandent et nous suivent encore, même au bout d’un an, ça fait vraiment chaud au cœur. »

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Des travaux de sécurisation en cours

Depuis l’incendie, le site n’a pas été débarrassé de ses charpentes et débris rouillés. La mairie a engagé des travaux pour installer une palissade en bois. « De notre côté, des travaux pour installer une palissade en bois ont débuté car les propriétaires n’ont pas l’autorisation juridique de nettoyer les décombres du restaurant, explique Jean-Philippe Moresmau, maire de Saint-Guilhem-le-Désert. Il faut sécuriser le site et éviter que des passants ne puissent y accéder ou se blesser. »

Guy de Lapoyade, associé et ex-époux de Céline, constate le 16 juillet 2026 : « Pour l’instant, seuls les trous devant l’Oustal ont été faits. » Céline Nurit ajoute : « C’est vrai que nous n’en voulions pas, de cette palissade. On ne voulait pas cacher le désastre. Mais la mairie nous soutient depuis le début, au même titre que nos clients et que les habitants du village. Moralement, ça fait du bien de voir qu’on n’est pas complètement oubliés. »

Un traumatisme familial et une attente judiciaire

« On vit en dents de scie et au crochet de la justice depuis un an », déplore Céline Nurit. Le feu s’est déclaré vers 1 h 33 du matin, alerté par un passant. Une soixantaine de pompiers et une vingtaine d’engins ont combattu les flammes en pleine sécheresse estivale. Aucune victime, mais vingt personnes ont été placées au chômage technique et relogées. L’origine du feu reste confidentielle en raison de la procédure pénale au tribunal judiciaire de Montpellier.

« On attend toujours les derniers rapports d’expertise, ajoute la propriétaire. On avait fait appel à un expert judiciaire en pensant que cela nous aiderait à avancer plus rapidement. Deux rapports ont été rendus mais on en attend encore un troisième. A priori, il y en aurait pour huit mois de plus. » Ces attentes ont des répercussions sur sa santé : « Depuis l’incendie, j’ai été contrainte de me soigner et de voir des médecins. Ce matin encore, j’ai eu un rendez-vous médical. »

Un sauvetage in extremis et une solidarité villageoise

Martin de Lapoyade raconte la nuit du drame : « Le soir de l’incendie, c’est le chien qui nous a alertés en aboyant. Ma compagne, mon père et moi travaillions. On est tout de suite sortis, mais mon père est resté à l’intérieur, sous le choc des flammes qui ravageaient son restaurant. Il a failli y passer cette nuit-là. C’est moi qui suis allé le sortir des flammes avec Aurore Raoul qui est venue avec moi. Propriétaire de l’Hôtel Guilhaume d’Orange, Aurore est notre ange gardien. » Guy de Lapoyade, qui vivait dans un appartement sous le restaurant, réside depuis dans une chambre de 11 m² à l’hôtel d’Aurore.

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Une cagnotte Leetchi a été lancée par Frédéric Ly, ami des propriétaires. « Il y a eu tout un élan de solidarité derrière moi, affirme-t-il. J’ai lancé la cagnotte mais je n’en ai été que le simple opérateur. Certains habitants sont même venus nous demander un accompagnement pour contribuer, car ils ne savaient pas comment cela fonctionnait ! Pour d’autres, leur contribution passait par des chèques donnés en main propre à Guy. » À ce jour, 17 625 euros ont été récoltés. « Les plus anciens de chez nous sont nés avec Fonzes, reprend Frédéric Ly. Pour nous, c’était comme le cataclysme de Notre-Dame de Paris… Avec les flammes, nous avons ressenti la même chose. »