Fin de la chapelle ambulante offerte par Albert II au père Bruzzone à Nice
Fin de la chapelle ambulante du père Bruzzone à Nice

Depuis 2024, le bus chapelle de l'association Mir, qui parcourait Nice chaque dernier samedi du mois pour célébrer une messe destinée aux sans-abri, est à l'arrêt. Ce véhicule blanc, offert par le prince Albert II de Monaco, arborait les inscriptions « Jésus t'aime » et « Dieu est amour » sur ses flancs. Il était le cœur du « Jésus Tour », une initiative du père Patrick Bruzzone, surnommé « Poupy » par les fidèles.

Un service interrompu faute de financement

Philippe Colomb, bénévole conducteur pendant près de vingt ans, a dû remballer la statue de la Vierge et l'autel de récupération. « C'est fini », soupire-t-il. L'assurance annuelle de 3 000 euros n'est plus tenable. Guy Vauban, président de Mir, explique : « On n'a plus les moyens de ce type d'action qui n'est pas financée par l'État au nom de la laïcité. Si on veut toucher des subventions, on ne peut plus être une association catholique. »

Des messes improbables et un lien unique avec les exclus

Chaque mois, le bus faisait halte dans des quartiers comme L'Ariane ou la Libé. Les bénévoles distribuaient soupe et sandwichs, puis le père Bruzzone célébrait l'office. « Tout le monde n'était pas croyant, mais c'était la rencontre avec Poupy qui faisait tout », raconte Philippe Colomb. Il se souvient de 300 personnes faisant la queue, d'une femme sans le sou déposant un bouquet de fleurs à la Vierge, et de personnes « hyperpolies, hyperrespectueuses ». Même les évêques Mgr Marceau et Nault ont célébré la messe dans ce bus.

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Conflit interne et changement de direction

L'association Mir, créée en 1992 par le père Bruzzone, a changé de direction en 2024 sur fond de conflit. Philippe Colomb accuse la nouvelle direction d'avoir « tourné le dos à son fondateur et à sa vision chrétienne » pour privilégier « le profit et la rentabilité ». Guy Vauban réplique en évoquant des difficultés financières pour l'épicerie sociale et l'hôtel pour familles à la rue.

Un avenir incertain pour le bus

Le père Bruzzone, désormais à Menton, confie son « crève-cœur » mais espère un signe du Ciel. Le bus, proposé aux Guides et Scouts de Monaco et à l'association des traminots, a été refusé. La Compagnie des autobus de Monaco (CAM) a accepté de le reprendre pour le mettre à la casse. « Reste à le dire à Albert II. Il en sera sûrement attristé », conclut Philippe Colomb.

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