Facturation ivresse : deux élues de la majorité s'abstiennent à Saintes
Facturation ivresse : abstention de deux élues à Saintes

Lors du troisième conseil municipal du nouveau mandat, jeudi 30 avril, des microfissures sont apparues au sein de la majorité dirigée par le maire Horizons Bruno Drapron. Lola Montemont et Marion Langevin, deux élues de sensibilité de gauche, se sont abstenues de voter la délibération instaurant une facturation de la prise en charge des personnes ivres sur la voie publique par la police municipale.

Un sujet sensible entre service public et sécurité

Cette mesure concerne les situations où une personne trouble l'ordre public, nécessite un transport à l'hôpital de Saintes avant d'être conduite en cellule de dégrisement au commissariat ou à la gendarmerie. Le coût a été estimé à 150 euros. Sans expliquer leur abstention, les deux élues ont manifesté leur indépendance sur ce sujet touchant à la notion de service public et à la frontière entre sécurité et détresse sociale.

L'opposition dénonce une mesure injuste

Ludovic Norigeon, ancien tête de liste de Saintes Demain, a exprimé un « désaccord de fond » : « On touche à la santé, à la justice sociale, aux plus faibles et au service public. Derrière une apparente mesure de bon sens budgétaire, il s'agit d'un choix injuste, inefficace et contraire à l'idée que nous nous faisons du service public. » Il a ajouté : « Après l'amende déjà prévue par la loi, vous ajoutez une seconde peine : la facture municipale. »

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Pour l'élu d'opposition, les personnes concernées sont principalement les plus fragiles : « les personnes précaires, les jeunes en difficulté, les personnes souffrant d'addictions, isolées, parfois en grande détresse psychologique ou sociale. On transforme une situation de vulnérabilité en sanction financière supplémentaire. »

Une fausse bonne idée budgétaire ?

Ludovic Norigeon a qualifié la mesure de « fausse bonne idée budgétaire, beaucoup d'affichage, très peu de recettes », et a dénoncé un « raisonnement dangereux sur le service public ». Il a appelé à voter contre et à renforcer le volet médico-social et la santé publique.

Le maire défend le bon sens

Bruno Drapron a répondu en estimant que l'opposition stigmatisait une population : « Penser qu'il n'y a que les marginaux qui boivent, c'est commettre une grave erreur. L'alcoolisme concerne toutes les catégories sociales. » Il a justifié la facturation comme « une participation au coût qu'ils engendrent par leur comportement inadapté. Ce n'est pas populiste, c'est du bon sens. »

L'adjointe au maire radicale

Véronique Abelin-Drapron, adjointe au maire, a été plus radicale : « L'alcoolisme est un fléau et tous les moyens de lutter contre un fléau sont recevables. Parler de prévention, en précisant qu'on va prendre cette mesure, c'est une manière de prévenir en même temps que de sanctionner. » Elle a estimé que les citoyens qui paient leurs impôts et se comportent correctement n'ont pas à supporter le comportement de quelques-uns.

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